À quelques jours de la fête de Ramadan, la viande de bœuf se fait de plus en plus rare dans la ville de Kankan. Bouchers et consommateurs tirent la sonnette d’alarme face à une situation devenue critique.


Selon les professionnels du secteur, la vente de viande n’est plus rentable. Baldé Thierno Ismaël, boucher, explique: « Quand tu égorges un bœuf, tu peux perdre entre 2.000.000 et 3.000.000 GNF. Tu ne gagnes rien, ce ne sont que des pertes. C’est pourquoi beaucoup de bouchers ont arrêté de travailler. Avant, les éleveurs maliens proposaient des prix abordables, mais ils ne sont plus présents en Guinée. Les prix ont fortement augmenté : un bœuf qui coûtait entre 5.000.000 et 8.000.000 GNF peut atteindre aujourd’hui jusqu’à 22.000.000 GNF. Voilà le vrai problème. Nous demandons à l’État de penser à la population », a-t-il expliqué.

Certains bouchers, pourtant expérimentés, affirment n’avoir jamais connu une telle crise. L’un d’eux, avec plus de 40 ans d’expérience, confie: « En 40 ans de métier, je n’ai jamais vu une situation pareille à Kankan. Les prix sont très élevés et les bœufs sont introuvables. Je suis même allé jusqu’à Kérouané sans rien trouver. Cela fait plus de quatre jours que je ne vends pas de viande. Nous risquons même des problèmes à cause des pertes dans nos activités. Actuellement, je suis presque le seul à vendre dans mon secteur. Il n’y a pas assez de bœufs en Guinée pour couvrir la demande », s’est-il confié.
Face à cette pénurie, Karamô Sama Sidibé, se voit contraints de changer leurs habitudes d’achat.

‘’Avant, c’était ma femme qui allait acheter la viande. Mais aujourd’hui, en trouver est devenu un véritable combat. C’est pourquoi je me suis déplacé moi-même. Jusqu’à présent, je n’en ai pas trouvé. Pourtant, les prix restent les mêmes. Il n’y a qu’une seule table qui fonctionne ici, donc c’est très compliqué’’, declare-t-il.
Du côté des consommateurs, la situation est tout aussi préoccupante. Fatoumata Diakité, une cliente venue s’approvisionner, apporte son témoignage au micro de notre correspondant régional.

‘’J’ai fait le tour de Kankan avec mon argent. Cela fait plus de deux heures que je cherche de la viande, mais je n’en trouve pas. Je suis même restée en rang sans succès. Nous, les femmes, nous souffrons beaucoup’’, a-t-elle témoigné.
Dans ce contexte, la question de l’approvisionnement en bétail et de la régulation du marché devient plus que jamais cruciale.
À l’approche de la fête, autorités et acteurs du secteur sont attendus pour apporter des réponses concrètes afin de soulager les populations.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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