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Déguerpissement aux abords de l’aéroport : « C’est la troisième fois qu’on démolit ici »

30 septembre 2026

L’opération de déguerpissement engagée ce mardi aux abords de l’Autorité guinéenne de l’aviation civile (AGAC) et de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré continue de susciter des réactions parmi les occupants des lieux.

Parmi les victimes de cette opération, Mansa Woulada, gérant d’un restaurant, affirme que son établissement avait déjà fait l’objet de plusieurs démolitions par le passé.

« Cet endroit a été démoli plusieurs fois. Je crois bien que c’est la troisième fois. Mais quand ils démolissent, ils nous laissent comme ça, sans mesure d’accompagnement », déplore-t-il.

Selon lui, après chaque opération, les occupants seraient laissés à eux-mêmes pour remettre les lieux en état.

« Vous-même, vous voyez, c’est nous qui faisons les travaux comme ça. Après ce travail, le coin va rester comme ça », poursuit-il, montrant les conséquences de l’opération.

Mansa Woulada explique qu’il se trouvait en voyage lorsqu’il a été informé de la décision concernant son établissement. Son gérant l’aurait alerté après que le restaurant a été marqué en vue de sa démolition.

« Moi, j’étais en voyage. Avant-hier, mon gérant m’a appelé. On a mis la croix sur mon restaurant. 72 heures. J’étais à l’intérieur. Je me suis précipité pour rentrer ici, hier », a-t-il relaté.

À son retour à Conakry, il dit avoir entrepris des démarches auprès des autorités locales afin de solliciter un délai supplémentaire.

« Quand je suis rentré, je suis allé voir le nouveau maire de la commune de Gbessia. Je n’ai pas pu le joindre. J’ai vu le vice-maire. Il m’a dit que ça vient du haut sommet, que c’est de l’Habitat et du gouvernorat », a-t-il poursuivi.

Le gérant affirme ensuite s’être rendu au gouvernorat, où il aurait été orienté vers les services de l’Habitat.

Selon son témoignage, le responsable de l’Habitat était présent sur les lieux ce mardi matin. Les occupants auraient alors demandé un délai supplémentaire avant l’opération.

« Nous lui avons demandé de nous accorder au moins demain et après-demain, avant le 2 octobre. Malheureusement, on n’a pas été entendus », affirme-t-il.

Pour Mansa Woulada, la principale difficulté réside dans l’absence de dispositif d’accompagnement après les opérations de démolition.

« Troisième fois. Sans mesure. Aucune mesure. On casse, on laisse comme ça. Regardez. Ils vont finir par faire ça. Ils nous laissent dans la boue ici et puis ils s’en foutent. C’est un peu difficile », regrette-t-il.

Tout en contestant les conditions dans lesquelles son restaurant est démoli, le gérant dit ne pas remettre en cause l’autorité de l’État ni le principe selon lequel nul n’est au-dessus de la loi.

« Personne n’est au-dessus de la loi », reconnaît-il.

Dans son intervention, Mansa Woulada tient également à rappeler son soutien au pouvoir en place. Il affirme être un militant du GMD et se présente comme un « permanent serviteur de Mamadi Doumbouya ».

Évoquant l’aéroport et son environnement immédiat, il affirme que la zone aurait notamment servi de lieu d’affichage et de mobilisation politique lors des échéances électorales.

Il dit par ailleurs accepter la décision des autorités, même s’il déplore ses conséquences sur son activité.

« Si c’est ce que le président veut, il n’y a pas de problème. Nous, on n’est pas sûrs, mais on accepte. Puisque nous aimons le pouvoir », a-t-il affirmé.

Au terme de son témoignage, le gérant lance toutefois un appel à l’aide aux autorités, alors que son activité est directement affectée par l’opération.

« Nous demandons de l’aide. On n’a plus d’espace. On n’a plus d’espace », a-t-il lancé.

Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

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