Le spectre de la vindicte populaire plane de nouveau sur la capitale forestière. Ce mercredi 16 septembre 2026, un jeune homme a été retrouvé gisant sur la chaussée, le corps couvert de profondes blessures, dans le secteur Osud 2 du quartier commercial. Si les rumeurs locales l’accusent de vol, l’intervention rapide des autorités a permis de lui sauver la vie et d’ouvrir une enquête.
Une découverte macabre évitée de justesse
C’est aux alentours de 5 heures du matin, peu après la première prière, que l’alerte a été donnée. Ali Kourouma, vice-président du conseil du quartier commercial et président de la commission de sécurité à la mairie, a été contacté d’urgence par un chef de secteur pour ce qui semblait initialement être la découverte d’un cadavre.
Arrivé sur les lieux, près de l’ancien consulat ivoirien, le responsable a constaté que la victime respirait encore, malgré des traces de violences extrêmes.

« J’ai vu réellement que la personne n’était pas morte. Mais seulement, elle a reçu des coups et des blessures graves. Du coup, j’ai su appeler le commissariat central, la brigade de recherche de la gendarmerie et ils se sont présentés 20 minutes plus tard. Ils ont fait venir le médecin légiste avec une ambulance pour l’évacuer à l’hôpital régional », a-t-il relaté.
La victime identifiée, la piste du lynchage privilégiée
Sur les lieux de l’agression, les spéculations allaient bon train, une partie du voisinage qualifiant la victime de « présumé voleur ». Affaibli par la douleur, le jeune homme a tout de même pu livrer de premiers éléments aux autorités.
Il s’est identifié sous le prénom de Joseph, un chauffeur d’environ 30 ans résidant au quartier Mohomou. Bien qu’il ignore l’identité exacte de ses bourreaux, il a assuré pouvoir les reconnaître physiquement s’il venait à les croiser.
Un appel ferme au respect de la loi
Face à ce qui s’apparente fortement à une tentative de lynchage public, Ali Kourouma a tenu à lancer un message de fermeté à l’attention de ses concitoyens. Il a rappelé que la justice expéditive n’a pas sa place dans un État de droit, quelles que soient les frustrations.
« Des fois, quand tu es victime de vol, c’est tellement difficile. Ça fait mal. Mais on ne doit pas se rendre justice. La loi est là pour protéger tous les citoyens, où qu’ils se trouvent », a-t-il lancé.
Les circonstances exactes de cette agression violente restent désormais à établir. Les forces de l’ordre ont ouvert une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire, d’identifier les auteurs de ces actes de torture et de situer les responsabilités.
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