L’argent, comme certaines personnes aiment à le dire, est le nerf de la guerre ! Si les moyens financiers manquent aujourd’hui dans n’importe quel projet ou organisation, dites vous que ce projet est voué ou cette organisation est automatiquement vouée à l’échec. Alors, au sein de l’administration fiscale guinéenne, nous assistons à une véritable pénurie de moyens financiers pour pouvoir piloter notre politique de gestion fiscale.
En guise de rappel, il a été mentionné plus haut que la DGI a bénéficié au titre de l’année 2020 un budget de fonctionnement d’un montant total de 1.5 milliard de Francs Guinéens. Cette somme devrait servir à la couverture des charges d’assiette, de contrôle et de recouvrement des impôts et taxes non seulement de la structure centrale mais aussi des structures de base de la DGI. Or, les prévisions de recettes fiscales que la DGI devait mobiliser pour le budget de l’Etat s’élevait à 8 198 milliards de GNF. Si nous faisons le rapport entre cette prévision et les moyens financiers que l’Etat a accordé en revanche à la DGI pour la même période (soit 0.6%), l’on se rend effectivement compte qu’il n’existe pas d’adéquation entre ces deux variables. Cet état de fait signifier que la DGI n’a pas véritablement les moyens financiers de sa propre politique de promotion fiscale. N’eurent été les appuis des bailleurs de fonds (FMI, BAD, BM, etc.), la DGI aurait tiré le diable par la queue ! Or, au Sénégal, par exemple, ce n’est pas une question de comparer la Guinée au Sénégal, mais il faut comparer dès fois pour mieux apprécier, l’Etat Sénégalais accorde à son administration fiscale chaque mois un budget avec autonomie de gestion s’élevant à 1.5 milliard FCFA ; soit 21 milliards de GNF, ce qui correspond à 14 ans de budget de fonctionnement pour la Guinée contre 1 mois de budget de fonctionnement du Sénégal.
Au fait, si l’Etat guinéen veut que sa politique fiscale soit efficace, il faudrait qu’il accorde les moyens financiers nécessaires à toutes les régies financières leur permettant de couvrir leurs charges de fonctionnement normal tout au moins. Mais paradoxalement la réalité est encore très triste dans ce domaine en Guinée.
Dr BAH ALIOU, Inspecteur Principal des Impôts.