Les Violences contre les journalistes se multiplient en Guinée. Sékou Alphonse Mara et Tamba Félix Millimono, tous deux des journalistes du groupe Hadafo médias et chroniqueurs de l’émission ‘’Le Before GG’’, ont été victimes d’une tentative d’assassinat hier jeudi, 13 Juillet 2023, alors qu’ils s’étaient rendus sur un site conflictuel. Il s’agit du cimetière de Nongo, où des jeunes avaient protesté le mardi dernier, contre une certaine Dame qui voudrait construire la route aux abords du cimetière. Il faut dire qu’ils s’en sont tirés d’affaires de justesse. Un des rescapés qui a été interrogé ce vendredi, 14 Juillet, par un journaliste de notre rédaction, a fait un témoignage effroyable.


Selon Sékou Alphonse Mara, la scène s’est produite aux environs de 14h. Une fois sur le site de l’entrepôt qui fait l’objet de litige, après avoir échangé avec l’ingénieur en charge du contrat, des jeunes sortis de nulle part, les ont attaqués, en non seulement caillassant une partie de leur véhicule, mais surtout, en leur proférant des menaces de mort. Il raconte leur mésaventure.

‘’On est arrivés à Nongo aux environs de 14h 00. On s’est rendu sur le site de l’entrepôt qui a connu une manifestation il y a quelques jours. Donc, on a vu un article du site Lerevelateur224.com, qui a attiré notre attention. On s’est donc rendu sur le site pour avoir d’amples informations. Arrivés sur le site, on a discutés avec le vigile qui nous a adonnés accès au site, on a observé par nous-même l’étendue des dégâts. Ensuite, dans un souci d’équilibre d’information, le sentier incriminé par les Sud-africains qui occupent le bâtiment, juste à côté, on s’est transporté sur le sentier.
Arrivés, on a demandés qui était l’ingénieur ? L’ingénieur s’est présenté, on a commencés a échangé avec lui. Dans nos échanges, il nous avait convaincu que le site sur lequel il est en train de travailler, n’était pas une route. Il a même sorti un plan, sur lequel, il nous indiquait que c’était pas une route, mais c’est plutôt devenu une décharge du quartier. Donc, le projet Sanita Ville avait viabilisé le site pour en faire un site de tri et c’est ce projet qu’il était en train de réaliser.
Dans nos échanges avec l’ingénieur, le Sally (muezzin) en question, l’instigateur de notre tentative d’assassinat, a débarqué et a posé la question de savoir qui nous étions ? Les jeunes ont répondu que nous sommes d’Espace FM et sa colère commence. Il s’en prend à nous, disant que la dame qui serait propriétaire de l’immeuble en question, nous aurait donné de l’argent, on est venu pour les mettre en mal, et que si on ne quittait pas, ils allaient nous tuer. Félix me conseille donc de quitter, parce que moi j’avais tenté de les raisonner, mais Félix me conseille de quitter, l’intérieur aussi nous dit que dans un tel climat, ce n’est plus possible, de quitter.
Donc, on va à notre voiture, on récupère la voiture, on fait le tour, parce que pour accéder au site en question, il faut faire le tour du mur du cimetière. Donc, on refait le tour pour sortir sur la grande voie. Arrivés juste à la jonction qui conduit à la grande voie, ils stationnent un camion pour nous empêcher de sortir. Donc, Félix me signale que ça, c’est un piège. Je dis non, il n’y a pas de raison qu’on soit pris au piège. Qu’est-ce qu’on a fait ? Je dis, ils ne sont pas fou ! Ça, c’était sans les connaitre. Et c’est là qu’on remarque des jeunes en possession de briques, de morceaux de dallettes et des bouts de bois, qui s’en prennent à notre véhicule. Le premier qui est venu vers moi a dit : Je préfère vous tuer aujourd’hui, au lieu de vous laisser quitter ce site là. Le second qui était du côté de Félix, intime aux autres de nous descendre de la voiture, pour nous tuer. En bon Soussou, il dit : « Wohé Ra goro, Moun hè fakha », qui signifie : faites les descendre, on va les tuer. Il y a un qui était réfléchi parmi eux, qui insistait sur le chauffeur du camion, pour que celui-là dégage la voiture. Celui-là est parvenu par miracle à convaincre le chauffeur. Dès qu’il a pris son premier coup d’accélérateur, on s’est enfuis. Mais, ça trouvé qu’ils ont déjà cassé le pare-brise arrière de la voiture. Ils avaient endommagé le côté de la portuaire, côté passager. Et, ils avaient roué la voiture de plusieurs coups, sans compter les menaces que nous avons subi’’, a-t-il raconté.
Par ailleurs, le journaliste annonce qu’une plainte a été formulée contre le nommé Sally, l’instigateur et ses complices, au commissariat de Nongo. Les enquêtes se poursuivent. A la question de savoir si les journalistes de Hadafo médias se sentent en insécurité, Sékou Alphonse Mara apporte des précisions.
‘’Nous sommes la cible des citoyens, mais pas que les journalistes de Hadafo médias, parce qu’il y a deux jours, un autre journaliste s’est fait giflé par les mêmes personnes, sur le même lieu. Il a fallu qu’il aille s’abriter auprès de la BAC 5, qui est juste à côté, pour avoir la vie sauve’’, a-t-il précisé.
Madiou BAH
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