Durant la déposition de l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara ce mercredi, 26 octobre au TPI de Dixinn, un des avocats de Marcel Guilavogui avait tenu des propos jugés peu orthodoxes à la barre. Des propos qui étaient orientés vers la fibre ethnique. Une situation qui a poussé le Barreau à réagir.
A la reprise de l’audience après la pause, Maitre Djibril Kouyaté, bâtonnier de l’ordre des avocats a, au nom du Barreau, présenté des excuses au tribunal avant de demander une suspension de quelques minutes pour rappeler à l’ordre les avocats de la défense.
« JE demande une pause pour que nous avocats, nous nous entretenions. C’est peut-être pas pour rappeler des règles de déontologie, mais c’est pour que nous puissions nous parler entre-nous. Parce que tous les propos ne sont bons à tenir, ici dans cette salle.
Je n’entrerai pas dans les détails, je préfère que les détails se fassent entre nous avocats. Vous qui composez ce tribunal, vous êtes des jeunes magistrats et juges. Mais vous avez bien connu le Barreau de Guinée, vous connaissez les avocats du Barreau, vous avez connu le bâtonnier Dinah Sampil et d’autres avocats. Ça ne veut dire qu’on ne peut pas tenir certains propos. Et ces propos ont choqué le Barreau. Nous demandons pardon et accordez nous quelques minutes de suspension pour que nous puissions nous entretenir », a-t-il demandé.
De son côté, le parquet n’a fait aucune objection à cette demande. D’ailleurs, il estime que cela est nécessaire pour permettre le bon déroulement du procès.
» Nous ne nous opposons pas à la demande du Barreau parce que pour nous parquet, ça contribue à ne pas douter de la qualification du travail pour lequel nous sommes ici. C’est que, je dois préciser monsieur le président, en direction du Bâtonnier ou des membres du conseil de l’ordre, nous sommes entre nous professionnels du droit. Nous devons faire bon usage des dispositions de l’article préliminaire du code de procédure pénale et intégrer nos manières de faire des dispositions de l’article 400. Si nous œuvrons dans ce sens et que les langages soient assez responsables, je pense que c’est la justice guinéenne qui aura gagné. Nous sommes certes en Guinée mais nous sommes suivis à travers le monde. Que les uns et les autres sachent raison gardée. Que nous fassions violence nous-mêmes pour peaufiner nos comportements afin que nous puissions mener à bon ce procès par le peuple de Guinée », a indiqué le procureur Algassimou Diallo.
Une demande à laquelle le tribunal a accédé en suspendant l’audience pour être reprise dans quelques instants.
Affaire à suivre!
Bah Mohamed
