À Yèndè Millimou, une sous-préfecture située le long de la route nationale RN02,à 40 kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou, la rentrée scolaire est placée sous le signe du renforcement de la sécurité des écoliers. Dans cette localité où le taux de scolarité est très appréciable, la plupart des élèves pratiquent la route nationale soit à pied ou à vélo pour rallier leurs différentes écoles.

Dans ce mouvement quotidien et périlleux entre leurs domiciles respectifs et les écoles, ces élèves s’exposent à un risque élevé d’accidents. C’est en réaction à ce défi sécuritaire que les autorités locales ont pris l’initiative de lancer une vaste opération de débroussaillage des abords de la route nationale pour rendre les trottoirs encore plus praticables.



Entamée il y a de cela quelques jours, cette activité connaît aujourd’hui l’adhésion massive des citoyens des différents villages concernés. C’est le cas du village Komah, communément appelé »Conakry » où les citoyens s’étaient grandement mobilisés ce samedi 17 octobre 2026, pour matérialiser leur volonté d’accompagner cette initiative des autorités.
Munis des coupe-coupe, ils ont réussi au bout de quelques heures de travail, à dégager la végétation envahissante au niveau des accotements de la route nationale. Présent sur les lieux, André Sayon Millimouno, Maire de la commune rurale de Yèndè Millimou, a rappelé les avantages liés à cette activité.

« En tant qu’autorité ou parents d’élèves, nous avons la lourde responsabilité de protéger les jeunes écoliers qui parcourent parfois plusieurs kilomètres le long de la route nationale pour regagner leurs écoles respectives. Je précise qu’en amont de cette activité, nous avions procédé à la campagne de sensibilisation. Mais on a vite compris que la sensibilisation à elle seule ne suffirait pas, il fallait donc poser des actes.
Si les abords de la route sont bien dégagés, je crois que ces écoliers ne vont plus marcher sur la chaussée, car ils auront suffisamment d’espace au niveau des trottoirs. Vraiment ,depuis quelques jours, les traces de ce travail sont visibles partout. Et d’ailleurs, l’avantage de cette activité va au-delà du cas des élèves, c’est aussi très important pour tous les usagers de cette route. Non seulement ça agrandit le champs de vision du chauffeur, mais ça le permet aussi de voir clairement les panneaux de signalisation qui étaient complètement masqués par la végétation.
Je remercie l’ensemble de la communauté de Yèndè Millimou pour avoir répondu à notre appel. Cette mobilisation ne se passe pas seulement qu’à Komah, c’est comme ça un peu partout, de Waltô jusqu’à Yèndè. En tout cas, on ne va jamais s’arrêter à mi-chemin, ça va se poursuivre jusqu’à ce que tout soit dégagé afin que les élèves puissent circuler en toute sécurité.
J’espère que cette année, nous voulons réussir le pari de zéro accident pour nos élèves. Parfois, il ne faut pas attendre tout de l’Etat, chacun un peu. Je pense aussi que cette initiative devra servir de source de motivation pour les autres localités car de Conakry jusqu’à N’Zérékoré, les élèves sont confrontés à la même réalité », a-t-il déclaré.
Ces travaux de débroussaillage sont très salués par les responsables des différents établissements scolaires de Yèndè. Jean Faya Kamano, est directeur de l’école élémentaire de Héako. Il évoque ici la crainte quotidienne qui le hante tout le long de l’année scolaire concernant la sécurité de ses élèves.

« Presque mes collègues et moi vivons dans l’anxiété totale durant toute l’année scolaire. Vous savez, la majeure partie de nos élèves viennent de Komah à environ un kilomètre de marche et surtout ce qui complique la situation, c’est que le village est séparé de notre école par une longue colline sur la route nationale. Imaginez les jeunes écoliers qui partagent cette route avec les gros porteurs chaque jour. Dans le passé, il y avait eu assez d’accidents sur cette route. Je crois qu’avec cette initiative des autorités locales, le risque d’accident est minimisé à au moins 50%. Ce qui reste maintenant, c’est la sensibilisation des élèves ; et à ce niveau, les parents d’élèves doivent jouer un grand rôle. À notre niveau à l’école ici, on commence par ça et on termine par ça. Souvent, on responsabilise les grands élèves de s’occuper des plus petits pendant les traversées », a-t-il lancé.
À rappeler que, contrairement aux années antérieures, cette année, le cantonage manuel sur les différentes routes nationales n’a pas été observé, pour le moment, à Kissidougou.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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