C’est incroyable, voire même inimaginable! Pourtant, c’est une réalité qui s’effectue, comme l’illustre cette image, dans la préfecture de Beyla. Les motos sont empruntées dans le transport des bœufs, au vue et au su des autorités.
Face à cette situation, certains se demandent s’il s’agirait d’un manque de camions ou si cela serait dû au mauvais état de la route ? Tout de même, force est de constater que des véhicules circulent déjà sur cet axe routier en dépit de sa dégradation.
De Karalas à Sinko dans la préfecture de Beyla, un homme a été croisé par notre correspondant régional. Derrière sa moto, était ligoté un bœuf immolé. Cet animal dont on ignore la circonstance dans laquelle il a été tué, était destiné, selon le motard, à la vente sur le marché de Sinko. Chose qui a impressionné la délégation conduite par le préfet de Beyla qui ralliait Kangôrô, dans la sous-préfecture de Karala, pour une cérémonie.
Ayant constaté cette pratique qui peut mettre la santé de la population en danger, le colonel Ibrahima Souley Camara a demandé l’arrêt de son cortège ainsi que l’homme qui transportait l’animal. Pour satisfaire sa curiosité, plusieurs questions ont été posées par le préfet : A qui appartient cet animal ? D’où venez-vous ? avez-vous un papier ?
Dans ses réponses, l’homme a mentionné ceux-ci : « je m’appelle Moussa Camara. Je viens de Karala. J’envoie cet animal à Sinko pour que ça soit revendu demain sur le marché. Voici le papier que le chef de service des éleveurs m’a livré. Si on ne le tuait pas, ça allait être très difficile pour moi de l’amener’’, a argué le jeune homme.

Ensuite, après avoir appelé le chef de service des éleveurs qui l’aurait livré ce papier, le préfet s’approcha et lui demanda de donner le téléphone. Au bout du fil, Ibrahima Souley Camara insista « vous êtes en direct avec le préfet. Avez-vous les preuves de tout ce que vous avancez ? » « Oui ! c’est moi qui lui ai donné », a-t-il répondu.
Cette brève explication du jeune a emporté le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de la préfecture de Beyla. Très convaincu, il a dit au préfet « excellence ! on peut aller ; ce qu’il dit est vrai. Parce que je connais le monsieur dont on parle’’.
« C’est vrai ? » Insiste le préfet. « Vous en êtes sûr ? » « bon, prenez ce papier en image, arrivé, je vais vérifier ! », a ordonné la première autorité de la préfecture de Beyla.
Cet animal destiné à la vente sur le marché de Sinko, a-t-il eu une inspection préalable d’un ou des vétérinaires ? Ce qui est sûr, les populations vont acheter pour en consommer, peu importe les conséquences.
JOB BEAVOGUI, de retour de Sinko, pour Lerevelateur224.com.
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