À l’instar des autres préfectures de la Guinée, la ville de Mamou a aussi célébré en toute pompe la journée internationale des droits de la femme. Sérès, femmes militaires, enseignantes, marchandes, couturières, groupements de femmes, agentes de la santé et ONG féminines n’ont pas manqué à l’appel.
En marge de cette célébration, les femmes de Mamou ont profité de l’occasion pour interpeller les autorités de la transition sur leurs conditions de vie. Mariama Penda Baldé, Directrice préfectorale de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables a elle saisi l’opportunité, pour inviter l’État à continuer à rétablir les femmes dans leurs droits.
‘’Nous ne célébrons pas cette journée pour faire de la mamaya, mais plutôt pour faire preuve de responsabilité pour pouvoir aider les femmes, nos familles et toute la Guinée. Nous nous battons pour qu’il y ait égalité du genre même si nous savons qu’elle n’est pas encore effective. Mais nous sommes en train de nous battre pour qu’elle en soit. Et nous allons continuer toujours à tendre les mains aux autorités pour que vraiment les femmes soient rétablies dans leurs droits. La femme, c’est une personne à dorloter, chérir, à utiliser bien. C’est pourquoi, nous parlons de l’autonomisation des femmes.
C’est d’ailleurs, l’occasion pour moi d’interpeller les femmes, les jeunes filles à ce qu’elles œuvrent pour être autonomes au sein de la société, pour éviter que les hommes ne les manipulent. De connaître leurs différents droits pour continuer toujours à les réclamer. Nous invitons les autorités de respecter vraiment les femmes, en les rétablissant dans leurs droits, pour que vraiment, on puisse se sentir à l’aise et pour le bien de l’humanité’’, a-t-elle formulé.
Aminata Bah est une vendeuse de poissons frais au grand marché de Mamou. Son message aux autorités de la transition est sans ambiguïté. Pour elle, il y a une injustice qui ne dit pas son nom en Guinée pendant cette transition.
‘’Nos droits même les plus élémentaires ne sont pas respectés. Comme nous sommes à majorité analphabète, les autorités profitent de cette lamentable situation pour nous reléguer au dernier plan. Moi qui vous parle, j’étais dans la saponification, mais par manque de soutien, j’ai fini par abandonner pour me lancer dans la vente des poissons frais ici au grand marché de Mamou.
Depuis 2016, j’ai terminé mes études ; et jusqu’à présent, je n’ai pas encore eu un emploi digne de nom. Je ne voudrais pas venir célébrer cette journée, mais à cause de la pitié que je ressens pour ces nombreuses autres femmes comme moi qui tirent le diable par la queue et pour combattre l’injustice dont nous subissons, nous les femmes en Guinée, j’ai préféré venir clamer cette vérité devant vous les médias, afin que les autorités de la transition s’asseyent pour bien réfléchir et trouver des réponses justes, concrètes et immédiates sur les violations des droits des femmes et pour l’amélioration de leurs conditions de vie actuellement très dégradée’’, a-t-elle lancé.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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