Suite aux nombreux signes de glissement du calendrier de la transition, les acteurs sociopolitiques continuent d’exprimer leurs inquiétudes face au ralentissement des activités du chronogramme, devant mener au retour à l’ordre constitutionnel.. C’est le cas, par exemple, du président du Parti ADC-BOC.
Selon Dr. Ibrahima Sory Diallo, qui était l’invité de nos confrères de West Africa TV ce jeudi 08 février 2024, dans l’émission ‘’Droit de Savoir’’, le RAVEC a été piétiné par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation.
‘’Vous savez, au début de la transition, nous sommes les acteurs qui avons accepté de venir au cadre de dialogue pour comprendre les ambitions, les visions du CNRD dans leur programme conclu entre la CEDEAO et le gouvernement. Ces dialogues ont donné 35 points de résolutions. Ces 35 points devraient être résolus dans les 24 mois. Mais très malheureusement, on est à 14 mois et il n’y a pas eu d’implémentation des plans les plus importants.
Le RAVEC a été piétiné par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, ça aurait dû être fini depuis janvier 2024, c’est clair. Ce ministère aurait dû nommer un coordinateur du RAVEC pour rendre opérationnelles ses activités. Aujourd’hui, ce coordinateur n’est pas nommé, et ce ministère aurait dû également fournir les logistiques, moyens et outils permettant d’enrôler les gens, malheureusement cela n’est pas encore fait », a-t-il exprimé son mécontentement, avant d’ajouter ceci : ‘’Nous avions dit que les élections communales devraient se tenir dans les trois premiers mois de 2024. Mais nous sommes maintenant au courant des trois premiers mois de 2024. Cela signifie qu’ils ont remplacé l’organisation des élections communales par la mise en place des délégations spéciales. On aurait dû s’en passer, car, je pense qu’on ne peut pas organiser les élections présidentielles sans organiser les élections locales pendant la transition, afin que tous les textes que nous votons ne nécessitent pas d’être révisés après l’élection d’un président de la République’’, analyse-t-il.
Plus loin, le leader du parti ADC-BOC a laissé entendre que tout ce qui a été conclu dans le dialogue a été négligé par le MATD dans le seul but d’installer les délégations spéciales.
‘’Tout ce qu’on s’est dit dans le dialogue est en train d’être retardé par la mauvaise volonté du département en charge de la mise en œuvre, qui est le MATD, soit le CNT, qui avait déployé des représentants au sein du cadre de dialogue. Aujourd’hui, il n’y a aucune réponse. Sans oublier que nous avons mis des secrétaires techniques dans tous les départements concernés pour l’implémentation des juridictions et nous avons un comité national des CENIS de résolution, dont je suis membre et porte-parole. Si aujourd’hui, ce comité se retrouve chaque mois, les secrétariats techniques font des activités quotidiennes au niveau des départements. Les facilitatrices qui étaient là, qui faisaient tout pour que leur union se tienne, depuis la dernière déclaration de Dre. Makalé, il y a une lenteur dans l’évolution des activités de suivi et du comité. C’est pour dire que nous sommes déçus à ce niveau’’, a exprimé M. Diallo.
Pour clore son intervention, il a lance une invite au chef de la junte au pouvoir. ‘’Le président de la transition a certains collaborateurs, dans certains départements ministériels, ça ne va pas. Il faut qu’il essaie de s’en débarrasser, et s’ils sont ses amis, c’est de les envoyer comme ministres conseillers auprès de lui, sinon, ça ne va pas’’, a-t-il lancé.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
