À la veille du coup d’envoi des examens nationaux en Guinée, le ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Alpha Bacar Barry, était l’invité exceptionnel du journal de 20h30 sur le plateau de la RTG. Alors que les premières épreuves débutent ce lundi 15 juin 2026, avec l’enseignement technique et la formation professionnelle, le ministre s’est montré particulièrement confiant quant à l’organisation et a décliné sa vision pour un système éducatif plus crédible.
Une préparation rigoureuse et une nouveauté majeure
Installées au sein de l’archevêché de Conakry, les équipes s’activent pour finaliser les derniers détails logistiques et sécuritaires. Le ministre a tenu à rassurer l’opinion publique sur le niveau de préparation de ses services.
‘’Je peux vous rassurer aujourd’hui que nous sommes prêts à 100 %. Nous sommes fin prêts à attaquer la session et à dérouler des examens crédibles sur toute l’étendue du territoire national’’, a-t-il déclaré.
Face aux rumeurs récurrentes de dysfonctionnements, Alpha Bacar Barry a rappelé que l’objectif du gouvernement, sous la direction du Premier ministre et du président de la République, est de rompre avec les anciennes pratiques. C’est dans cette optique de bienveillance et d’accompagnement qu’une nouveauté majeure a été annoncée pour le Baccalauréat.
‘’Le président, cette année, a donné des instructions claires pour raccourcir le temps de correction afin que l’on sorte les résultats le plus rapidement possible. Mais aussi, dans son souci de protéger et de donner la chance à tout le monde, il a instruit que l’on organise une session de rattrapage pour nos compatriotes et nos élèves qui feront le bac et qui auront des difficultés à boucler l’ensemble des théories’’, a-t-il souligné.
L’éducation, pilier du projet « Simandou 2040 »
Pour le ministre, la rigueur de ces examens ne doit pas être perçue comme un obstacle, mais comme un levier stratégique pour l’avenir économique du pays, notamment en lien avec le méga-projet industriel Simandou 2040. Selon lui, la réussite de ce projet passe inévitablement par la qualification de la ressource humaine locale.
‘’Il s’agit d’un programme d’industrialisation de masse, de développement de l’agriculture de masse, donc, qui a besoin de main-d’œuvre de qualité, de main-d’œuvre qualifiée. Nous devons développer un système d’enseignement technique et de formation professionnelle compétent, de qualité, qui est capable de former des Guinéens de demain’’, a-t-il indiqué.
Une participation féminine encourageante
L’un des motifs de satisfaction de cette session réside dans les statistiques de participation. Des statistiques qui affichent un taux de représentativité féminine très encourageant. Qu’il s’agisse de l’enseignement technique ou de l’enseignement général, les jeunes filles sont majoritaires parmi les candidats.
‘’Pour les examens de demain, sur 26 000 candidats, vous avez 17 464 jeunes filles. Pour les autres examens de l’enseignement général classique, sur 569 423 élèves, vous avez 264 022 filles. Donc, dans les deux examens, la majorité est occupée par les jeunes filles’’, s’est-il réjoui.
Le ministre a souligné que le défi consiste désormais à les maintenir à l’école, à les protéger et à les accompagner tout au long de leur parcours afin de « rajeunir et féminiser » la main-d’œuvre locale.
Un appel solennel à la responsabilité contre la fraude
En conclusion, Alpha Bacar Barry a lancé un appel vibrant à tous les acteurs de la communauté éducative encadreurs, enseignants, élèves et parents pour garantir le déroulement des épreuves dans les meilleures conditions et éradiquer le fléau de la fraude. Il s’est adressé tout particulièrement aux familles.
‘’J’exhorte à accompagner les élèves, à les accompagner psychologiquement, à les encourager à faire les examens. Mais surtout, ce sont eux les premiers qui devraient lutter contre la fraude. Sensibiliser leurs élèves contre la fraude, parce qu’un parent d’élève qui accompagne son enfant dans la fraude, il construit un citoyen de demain qui sera dans la fraude’’, a-t-il lancé.
Le ton est donné : entre fermeté contre la tricherie et innovations structurelles, la Guinée s’apprête à évaluer ses futurs cadres sous le signe de la transparence et du mérite.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
