Dans une adresse solennelle à la nation ce mercredi 18 mars 2026, le Président libérien Joseph Nyuma Boakai, Sr. a brisé le silence sur les tensions frontalières dans le district de Foyah. Prônant le calme et la retenue, le chef de l’État a annoncé un retour progressif au statu quo grâce à une médiation régionale active.
Le ton était à la fois ferme et apaisant. Face à l’inquiétude grandissante des populations de la région de Sorlumba (comté de Lofa), le Président Joseph Boakai a tenu à rassurer ses compatriotes sur l’intégrité territoriale du Libéria et la gestion d’un dossier qu’il qualifie de « hautement sensible ».
Un retour aux positions initiales pour les forces guinéennes
L’annonce la plus attendue de ce discours concerne le retrait des troupes étrangères. Selon le Chef de l’État, les démarches diplomatiques entreprises auprès de Conakry ont porté leurs fruits.
« Je suis encouragé par le fait que le Gouvernement guinéen ait donné des instructions à ses forces de retourner à leurs positions antérieures le long de la frontière « , a déclaré le Président Boakai.
Ce mouvement de troupes est perçu par Monrovia comme un pas décisif vers la normalisation de la situation dans le district de Foyah, point de friction de ces derniers jours.
La force du dialogue plutôt que le conflit
Répondant aux critiques ou aux impatiences d’une partie de l’opinion publique, Joseph Boakai a défendu son choix de la voie pacifique. Pour lui, la diplomatie n’est pas un aveu de faiblesse, mais une « démonstration de force » héritée des leçons de l’histoire libérienne.
« Il est facile de se battre, de se briser et de détruire. Comme notre propre voyage nous l’a appris, il est plus difficile de récupérer et de construire « , a-t-il rappelé avec gravité, faisant allusion aux décennies de conflits que le pays a traversées.
Une médiation sous l’égide de l’Union du fleuve Mano
Le Président a souligné que le Libéria n’agissait pas seul. Une étroite collaboration a été établie avec la Sierra Leone voisine et les instances régionales.
« Nous nous sommes engagés directement avec le gouvernement de Guinée par les voies diplomatiques établies. En outre, nous avons travaillé en étroite collaboration avec notre République sœur de Sierra Leone, dans le cadre de l’Union du fleuve Mano, pour que le dialogue et la coopération guident nos actions.
À la suite de ces engagements, les dirigeants du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone ont réaffirmé notre engagement collectif en faveur de la paix et de la stabilité le long de nos frontières communes. Grâce à cette entente, toutes les parties ont convenu de travailler à rétablir le statu quo et à faire en sorte que nos communautés frontalières continuent de vivre en paix et de défendre le respect mutuel et la confiance », a indiqué le chef de l’État Libérien.
Vigilance sécuritaire et appel au calme
Si la diplomatie est en première ligne, le dispositif de sécurité reste en alerte. Les Forces armées du Libéria (AFL) et la Police nationale (LNP) maintiennent une présence professionnelle sur le terrain pour rassurer les communautés locales.
Le Président a conclu son message par un appel au patriotisme responsable, exhortant les citoyens à ne pas céder à la désinformation. ‘’J’exhorte notre peuple à éviter de diffuser des informations ou des rumeurs non vérifiées qui pourraient provoquer une anxiété inutile’’, a-t-il lancé.
Pour rappel, le district de Foyah, dans le comté de Lofa, est une zone stratégique où les frontières entre le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone se rejoignent, rendant la coopération transfrontalière vitale pour la stabilité économique et sociale des trois pays.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

