Depuis plus d’une décennie, les préfectures de la région forestière notamment Lola, ont connu une recrudescence de conflits entre agriculteurs et éleveurs, causant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement a adopté une mesure en créant dans un premier temps, la construction de 1 950 hectares de zones de pâturage, dans les sous-préfectures de Foumbadou dans Lola et de Boola dans Beyla.
Ce Vendredi 19 décembre 2025, la pose de la première pierre de cette infrastructure, a eu lieu, dans le district de Kabayandou, relevant de la sous-préfecture de Foumbadou, préfecture Lola, en présence de l’ex-premier ministre, Bernard Goumou, de Rose Pola Pricemou, ministre des postes, télécommunications et de l’économie numérique, Félix Lamah, ministre de l’élevage et Keamou Bogola Haba, ministre des Sports, entre autres, ainsi que des autorités locales.
Dans son allocution, le ministre de l’élevage a exprimé ses sincères remerciements et sa profonde reconnaissance aux communautés de Lola et de Beyla, pour l’accueil chaleureux qui a été réservé à la délégation conduite par le général Amara Camara, représentant le Président de la transition, général Mamadi Doumbouya.

‘’Je vous remercie pour votre disponibilité et surtout pour votre engagement constant en faveur de la paix et de la cohésion sociale, ainsi que du vivre ensemble. Nous saluons tout particulièrement les populations des villages de Kabayandou, de Vagbanata, de Saulo, qui ont fait preuve d’un sens élevé de responsabilité citoyenne et de patriotisme, en mettant à la disposition de l’État, un vaste domaine de 3 000 hectares nécessaires à l’aménagement des espaces pastoraux. Votre adhésion volontaire, votre compréhension et votre esprit de dialogue constituent un socle indispensable à la réussite des actions engagées et un exemple éloquent de contributions communautaires au développement durable et à la paix sociale’’, a déclaré Félix Lamah.
Il a également adressé un remerciement et une profonde gratitude au Président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, pour dit-il, l’engagement constant de ce dernier, en faveur de la paix sociale, de la souveraineté alimentaire et du développement rural inclusif, rendant possible ces réformes structurantes au bénéfice des populations guinéennes.
‘’Faudrait-il le rappeler ici et encore, que depuis le 5 septembre 2021, la région forestière n’a plus connu d’affrontements communautaires qui étaient souvent intrigués par des personnes nourries par la haine et la discorde sociale. Mais bien heureusement, l’homme du 5 septembre est arrivé pour rassembler les filles et les fils de la Guinée, pour bannir le régionalisme, pour bannir l’ethnocentrisme sur toutes ces formes, et instaurer le vivre ensemble.
Les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs constituent aujourd’hui l’un des défis majeurs à la stabilité sociale, à la sécurité alimentaire et à la cohésion nationale dans notre pays. Ces conflits sont souvent violents, entraînant des pertes en vies humaines, des blessés graves, la destruction des moyens de subsistance, la dégradation du tissu social et le climat d’insécurité permanente dans plusieurs zones rurales, notamment en Guinée forestière.
Ces tensions trouvent principalement leur origine dans la pression croissante sur les ressources naturelles, la disparition progressive des parcours de transhumance, l’occupation anarchique des espaces traditionnels de pâturage, ainsi que l’absence d’infrastructures pastorales adaptées. A cela s’ajoutent les effets du changement climatique qui accentuent la rareté de l’eau et de pâturage, exacerbant ainsi la compétition entre usagers’’, a-t-il rappelé.
Face à cette situation, assure le ministre Féli. Lamah, ‘’il apparaît clairement que les solutions ponctuelles et répressives ont montré leurs limites.’’ Pour lui, ‘’la réponse durable, structurante et pacifique réside dans l’aménagement et la sécurisation des espaces pastoraux conformément aux dispositions du code pastoral guinéen et la vision de transformation structurelle portée par M. Mamadi Doumbouya, Président de la République.
L’aménagement d’espaces pastoraux n’est pas une fin. En organisant l’activité pastorale dans les zones clairement délimitées, fonctionnelles et reconnues par tous, l’État réduit significativement les risques d’empiétement sur les terres agricoles, prévient les conflits et renforce la coexistence pacifique entre les communautés.
Un espace pastoral aménagé est un espace multifonctionnel pensé pour répondre aux besoins réels des éleveurs et en préservant l’environnement et les intérêts des autres usagers. Il comprend notamment des pâturages sécurisés, gérés durablement, avec des règles claires d’accès et d’exploitation en collaboration directe avec les acteurs eux-mêmes’’, a-t-il poursuivi, mettant un accent particulier sur la création des points d’eau pastoraux aménagés, forages, mares, retenues d’eau…, ce, pour garantir l’abreuvement du bétail en toute saison.
‘’Des couloirs de transhumance balisés, protégés, permettant la mobilité du bétail sans dégradation des champs agricoles. Des aires de repos et de parcage pour les troupeaux. Des infrastructures sanitaires de proximité telles que des parcs de vaccination, des postes vétérinaires et des dispositifs’’, a-t-il annoncé.

De son côté, le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence de la République, venu pour la circonstance, s’est adressé à la population en ces termes : « L’édifice qui va être matérialisé sur le terrain sera votre édifice. Nous voulons compter sur vous pour sa bonne marche. Sa bonne utilisation permettra, dans un futur très proche, de permettre à tous les éleveurs d’avoir des sujets plus contrôlés dans une zone, assurer la bonne santé et assurer la multiplication très facile de vos sujets, mais permettre également à nos mères et à nos pères qui font l’agriculture, d’augmenter leur production’’, a-t-il exhorté.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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