Alors que la rentrée scolaire intervenue le 5 octobre dernier bat son plein, l’école primaire de Bounouma 1, située dans la commune rurale de Bounouma à 12 km de N’Zérékoré, cumule les handicaps. Entre le calvaire financier des enseignants contractuels, des infrastructures scolaires vétustes et transformées en toilettes la nuit, et le manque d’eau potable, la situation alarme la direction de l’établissement.

Des enseignants contractuels loyaux mais impayés depuis des mois
Dans une interview accordée ce week-end à notre correspondant régional, le directeur de l’école primaire de Bounouma 1, Tedji Traoré, a dressé un tableau sombre mais réaliste des défis auxquels fait face son établissement.
En première ligne de ces préoccupations figure la situation des cinq enseignants contractuels proactifs qui encadrent les élèves, dont la prise en charge financière incombe lourdement à la communauté et aux parents d’élèves. Pis encore, ces derniers traînent des arriérés de salaire datant de l’année scolaire 2024-2025.

« L’année surpassée, la coordination est restée redevable de 9 millions. Donc chacun devrait avoir 1,8 million de francs. Jusqu’à présent, on n’a pas eu ça au cours de l’année scolaire 2024-2025. On a fait 2025-2026, mais on n’a pas eu. Chaque fois que ces enseignants pensent à ce traitement, ils sont découragés. Si l’État peut nous aider vraiment à nous décharger, ça va nous soulager », a souligné le directeur, tout en saluant le patriotisme et le dévouement de ces enseignants qui continuent de répondre présents au quotidien malgré tout.
Une déperdition scolaire inquiignante et des infrastructures dégradées
Au-delà de la précarité du corps enseignant, l’établissement fait face à un problème récurrent d’abandon scolaire de la part des élèves, malgré les campagnes de sensibilisation menées auprès des parents.
« Deuxième difficulté ici, c’est le problème de scolarité. Dès l’ouverture des classes, on peut scolariser plus de 100, 150 élèves […]. Mais avant la fin de l’année, on enregistre plus de 50 déserteurs », déplore Tedji Traoré.

Le cadre d’apprentissage lui-même laisse à désirer. Sur un total de neuf salles de classe réparties dans trois bâtiments, seuls trois locaux répondent aux normes acceptables. Les six autres souffrent d’un sol complètement dégradé et de fenêtres non sécurisées. Plus grave encore, le directeur fait état d’un acte d’incivisme intolérable.
« Dès fois, quand on quitte, la nuit, les gens viennent déféquer dans les salles de classe. Même si on ferme, ils viennent défoncer. Le bureau du district a mené des enquêtes, mais c’est difficilement qu’on arrive à les prendre », a-t-il affirmé.
Un appel pressant aux autorités et aux bonnes volontés
Face à la précarité des conditions d’études et au manque criant de tables-bancs, que la prise en charge des contractuels ne permet pas d’acquérir, Tedji Traoré lance un vibrant appel au gouvernement et aux âmes charitables.

Il sollicite en urgence l’octroi d’enseignants titulaires, la réfection complète des salles de classe endommagées, ainsi qu’un appui financier pour achever un nouveau bâtiment de trois classes initié par les ressortissants locaux mais resté inachevé. Les autorités compétentes sont ainsi interpellées pour sauver l’avenir des enfants de Bounouma 1.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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