Dans de nombreuses sociétés africaines, notamment guinéennes, l’esprit du défunt rode autour de sa famille, des personnes qu’il fréquentait (les voisins) et des lieux qu’il fréquentait. Il ne quitte définitivement ces endroits qu’après le sacrifice du quarantième jour suivant son décès. Une fois ce sacrifice achevé, l’esprit quitte définitivement ces lieux pour ne plus y revenir, du moins selon certaines croyances africaines.
En effet, selon certaines traditions africaines, au troisième jour, l’esprit du défunt rend visite à sa famille, fait un tour dans sa maison, contemple les biens qu’il a laissés, revisite les lieux qu’il fréquentait régulièrement dans son secteur, quartier ou village et rend visite à certaines de ses connaissances les plus proches, notamment ses voisins. Il voit, entend et observe tout, même si personne ne le voit ni ne l’entend. Le soir, il retourne se reposer dans sa tombe. Il fait la même chose au septième jour.
Au quarantième jour, jour de la séparation définitive, il revient pour ses derniers adieux et assiste au sacrifice d’au revoir ou de séparation organisé par sa famille. Personne ne l’entend ni ne le voit, mais lui voit et entend tout. Comme au troisième et au septième jour, l’esprit du défunt rend visite une dernière fois à sa famille, fait un tour dans sa maison, contemple ses biens, revisite ses lieux de prédilection dans son quartier, rend visite à certaines de ses connaissances les plus proches, notamment ses voisins. Personne ne voit ni n’entend ces faits et gestes, mais lui voit les faits et gestes de chacun ce jour-là.
Savez-vous par exemple pourquoi on ne partage ni ne touche à ses objets, notamment ses vêtements, chaussures ou autres choses qu’il a portées pendant ces quarante jours ?
Selon certaines traditions africaines, l’esprit du défunt peut réagir, pendant cette période, contre toute personne qui porterait ce qu’il aime sans son consentement. Autrefois, dans certains villages, on éloignait même les enfants du défunt de la maison en les envoyant dans d’autres localités, par peur que quelqu’un leur fasse du mal par inadvertance et que leur défunt père réagisse. Pendant cette période, l’esprit du défunt peut s’en prendre à quiconque ferait du mal à sa famille, notamment à ses enfants, surtout à celui qui était tout le temps avec lui. Certaines traditions estiment que, pendant ces quarante jours, son esprit peut se réincarner dans des objets ou des animaux pour réagir ou se venger.
J’aime énormément la tradition et je crois que c’est grâce à elle que l’Afrique apporte et continue d’apporter sa pierre angulaire à l’édification de l’humanité. Ne nous perdons pas dans les valeurs des autres, au risque de nous ridiculiser.
Sayon MARA, Juriste.

