C’est un test grandeur nature pour résorber le déficit d’enseignants dans les salles de classe guinéennes. Dans le cadre de la première phase du concours de recrutement de 6 000 enseignants pour la Fonction publique, la région administrative de N’Zérékoré enregistre une forte mobilisation. Pour cette étape cruciale, ce sont exactement 5 068 candidats qui sont attendus dans les différents centres d’évaluation.
Une mobilisation sous le signe de l’espoir et de la vigilance
Dans la commune urbaine de N’Zérékoré, pas moins de 8 centres ont été sélectionnés pour abriter ces épreuves tant espérées, en particulier par les enseignants contractuels communautaires qui cherchent à régulariser leur situation.
Sur place, l’état d’esprit des candidats oscille entre détermination et appel pressant à l’équité. Gnagua Goumou, enseignant à l’école primaire de Diécké et sortant de la promotion 2022, affiche une confiance totale tout en posant une condition non négociable : la transparence.

« Je suis prêt à n’importe quel sujet qu’ils vont nous envoyer. Si le gouvernement reste dans le cadre du mérite, moi, je suis fin prêt et je vous avoue que je serai retenu pour la Fonction publique. […] C’est une doléance qu’on sollicite auprès du gouvernement, puisque dans les concours passés, nous avons vu des magouilles dedans. On veut que le concours se fasse dans la tranquillité et la transparence, zéro corruption », a-t-il déclaré.
Même son de cloche du côté de Gamamou Marie, candidate venue de Macenta, qui mise sur une issue heureuse pour l’ensemble des participants après un parcours de sélection des dossiers validé sans encombre.

« On est venu pour l’installation. Ça s’est bien commencé pour le moment et on prie Dieu que ça se termine ainsi. Je prie également le bon Dieu pour nous aider cette année, qu’on soit tous intégrés dans la Fonction publique », a-t-elle formulé.
Une revanche sur le passé pour certains candidats
Pour d’autres, à l’image de Dopavogui Mabherêt, cette session de 2026 sonne comme une opportunité en or après les déceptions des années antérieures. Recalé en 2024 en raison de critères excluant certains profils du primaire, il aborde l’épreuve l’esprit libéré.

« C’est un ouf de soulagement pour moi […]. Pour cette année, puisque nos candidatures sont validées, je n’ai aucun stress, pas de peur. Je suis venu armé pour affronter les épreuves. J’ai un seul objectif : être retenu après les résultats. C’est pourquoi, je demande humblement au président de la République, M. Mamadi Doumbouya, ainsi qu’au ministre de la Fonction publique, de faire de ce concours une évaluation caractérisée par la transparence, le mérite et la valeur intrinsèque des candidats », a-t-il lancé.
Ce concours national, destiné à combler durablement les vides structurels dans les écoles publiques et à stabiliser un secteur régulièrement secoué par des mouvements de grève, joue désormais sa crédibilité sur la stricte observance des principes d’égalité et de mérite lors de la correction et de la proclamation des résultats.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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