Au lendemain de l’érection par le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, de Siguiri au rang de région administrative (jeudi 20 août 2026), les réactions ne se sont pas fait attendre. Ce vendredi 21 août, si une partie de la population célèbre une avancée administrative et infrastructurelle historique, d’autres citoyens, plus sceptiques, redoutent une perte d’influence économique, notamment liée aux revenus miniers.
Les optimistes : le pari de la décentralisation et des infrastructures
Pour une frange importante de la société civile, ce redécoupage est l’aboutissement d’un long combat. La fin de la dépendance administrative vis-à-vis de Kankan est perçue comme un formidable levier de développement.
Toumany Kouyaté, président de la structure de la société civile CNOSCG, se réjouit des perspectives qu’offre ce nouveau statut.

« Nous remercions le Président de la République et son gouvernement d’avoir érigé Siguiri en région administrative, ça faisait très longtemps qu’on était à la recherche de ça. Nous aurons beaucoup d’opportunités. Désormais, beaucoup de nos dossiers qui partaient à Kankan pour leur traitement seront traités sur place. Nos infrastructures seront doublées, il y aura du travail, nos chiffres d’affaires vont augmenter et notre hôpital deviendra un hôpital régional », assure-t-il.
Les sceptiques : la crainte de perdre les « poumons économiques » miniers
Cependant, l’enthousiasme n’est pas partagé par tous. Le changement de statut administratif implique une réorganisation territoriale qui pourrait amputer la nouvelle entité de certaines zones aurifères très lucratives.
C’est l’analyse d’Ibrahima Anelka Dramé, un citoyen qui met en garde contre les conséquences financières de cette réforme, notamment sur la part du Fonds de Développement Économique Local (FODEL) allouée à la collectivité.
« À ma façon de comprendre, Siguiri perd plus de revenus en devenant une région administrative que d’en rester une préfecture. Nous perdons trois zones stratégiques minières : Bouré Kintinian, Sèkè Doko et Baraka Siguirini. Les 0,4 % du FODEL dont Siguiri bénéficiait seront diminués à 0,1 %. Économiquement, nous perdons les poumons économiques de Siguiri, ce que beaucoup ne comprendront pas aujourd’hui », révèle-t-il.
L’appel à la vigilance : tirer les leçons du passé
Entre ces deux visions, les anciens administrateurs appellent au pragmatisme. Elhadj Koumba Sékou Magassouba, ancien maire de la commune, salue la décision tout en adressant une mise en garde aux autorités locales concernant la gestion des futurs projets de développement. Il craint une répétition des erreurs urbanistiques commises lors des précédentes fêtes tournantes de l’indépendance.

« Nous sommes vraiment contents, les sacrifices de nos parents sont exaucés et cela rentre dans le développement de Siguiri. Mais ce que nous demandons aux autorités locales, c’est de ne pas faire comme lors de la construction des infrastructures de la fête d’indépendance. Toutes les infrastructures dont nous avions bénéficié ont été construites dans des lieux très reculés de la ville. Si nous bénéficions cette fois-ci d’infrastructures étatiques, qu’on choisisse de bons emplacements pour embellir la ville, comme d’autres l’ont fait », a-t-il lancé.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

