Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a écourté ses vacances pour réinvestir le devant de la scène politique et administrative. Dans un message adressé à la nation ce vendredi 21 août 2026 via sa page Facebook, le chef de l’État s’est exprimé sans détour sur les raisons de son retour précipité et a acté de grandes décisions institutionnelles.
Manière forte contre la corruption et rigueur républicaine
Justifiant son retour anticipé, le président Doumbouya a mis en avant le sens du devoir qui l’anime envers la nation.
« J’ai tenu à écourter mes congés pour rejoindre notre terre natale. Car ce pays qui m’a tout donné passe avant toute chose, avant moi-même. C’est ce même sens du devoir qui a guidé les décisions prises ce soir », a écrit le chef de l’État.
Abordant le volet de la gouvernance et de la lutte contre les détournements de deniers publics, le chef de l’État a réitéré son intransigeance envers quiconque enfreindrait la loi, promettant une sévérité égale pour tous.
« Je le redis avec la même fermeté qu’au premier jour : contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine », a-t-il martélé.
Insistant sur la portée des sanctions et des réarrangements récents au sommet de l’État, il a rappelé que l’exemplarité doit commencer au sein même de l’appareil gouvernemental.
« Les décisions intervenues ce soir au sein de la République en sont la preuve : l’exigence d’exemplarité s’applique à tous, sans exception, à commencer par ceux qui servent à mes côtés. La Refondation n’est pas un slogan, elle est une discipline que nous nous imposons d’abord à nous-mêmes », a-t-il souligné.
Cohésion nationale et préservation du vivre-ensemble
Pour le président de la République, l’assainissement de la gestion publique sert un objectif plus large : garantir l’unité nationale à travers les trois piliers de la Refondation : « (i) le vivre-ensemble, (ii) une économie au service du peuple, et (iii) des institutions fortes et crédibles», a-t-il noté.
Faisant une mise en garde ferme contre toute tentative de division, il a martelé: « Et j’y insiste particulièrement ce soir : je ne laisserai personne jouer avec notre union sacrée. Le vivre-ensemble reste ma priorité première », a-t-il indiqué.
« Une nation ne se bâtit pas dans la division ni dans l’impunité ; elle se bâtit dans la confiance retrouvée entre l’État et ses citoyens, et entre les Guinéens eux-mêmes, par-delà nos régions, nos origines et nos différences », a-t-il rappelé.
Décentralisation majeure : 2 nouvelles régions et 11 nouvelles préfectures
Sur le plan administratif, le chef de l’État a acté une réorganisation d’envergure du territoire national, portée par la hausse démographique révélée par le dernier recensement général (RGPH-4) qui établit la population guinéenne à plus de 17,5 millions d’habitants.
S’adressant directement « aux populations de Siguiri, de Beyla et des onze nouvelles préfectures », Mamadi Doumbouya a expliqué la concrétisation de cette réforme.
« C’est dans ce même esprit de rapprochement que j’ai signé la création de deux (2) nouvelles régions administratives : Siguiri et Beyla et de onze (11) nouvelles préfectures », a-t-il affirmé.
Il a tenu à rassurer les citoyens quant au suivi et à la concrétisation rapide de ce nouveau découpage.
« Cette décision n’est pas une simple mesure administrative. Elle répond à une réalité que je connais bien : celle de nos populations […] qui méritent une administration présente, proche, à l’écoute. Je mesure ce que ce changement représente pour vous, et je veux vous rassurer personnellement : la mise en place des nouvelles autorités sera une priorité absolue des prochaines semaines », a-t-il mentionné.
Poursuivant sur l’engagement de l’État dans ces nouvelles circonscriptions, il a affirmé qu’ucune population ne sera laissée dans l’incertitude. « Là où l’État grandit, l’État doit être présent : dans les services, dans la sécurité, dans l’accompagnement de votre quotidien. C’est ma responsabilité, et je l’assume pleinement, avec toute l’affection que je porte à chacune de nos communautés », a-t-il noté.
Selon le président, cette redéfinition territoriale s’inscrit directement dans les grandes orientations stratégiques du pays.
« Cette réforme incarne ma vision d’un développement socio-économique durable et responsable à la base, portée par le programme Simandou 2040 : rapprocher le pouvoir du peuple, pas l’éloigner de lui », a-t-il souligné.
Un appel à l’unité et à la vigilance
En conclusion de son adresse, le Président Mamadi Doumbouya s’est une nouvelle fois tourné vers « l’ensemble du peuple souverain de la République de Guinée » pour réaffirmer ses engagements fondamentaux.
« La paix, la défense de l’intégrité de notre territoire et le vivre-ensemble demeurent les piliers sur lesquels je veillerai sans relâche. Rien, ni personne, n’entamera mon engagement à défendre les intérêts de la Guinée, son territoire, son peuple et ses biens », a-t-il lancé.
Il a achevé son message sur un ton rassembleur.
« Ensemble, continuons à bâtir le pont vers la prospérité de notre pays, la Guinée, notre paradis, terre de richesses et d’opportunités », a conclu le chef de l’État.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

