Objet : Le panafricanisme en péril, l’appel à l’union contre le djihadiste pour sauver nos peuples et nos économies.
Conakry, le 28 avril 2026
Chers Chefs d’État, Ministres et Décideurs des pays d’Afrique, du Sahel et de la CEDEAO,
Un adage mandingue nous enseigne : « Que quand tu vois l’épervier se poser sur le corps de ton prochain, dis-lui de se lever avant qu’il ne vienne sur le tien un jour. » Cette sagesse révèle aujourd’hui l’inquiétude légitime des observateurs face au risque de contagion terroriste au Sahel, menaçant l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Permettez-moi d’abord avant de continuer, d’exprimer mes sincères condoléances au peuple malien, à son gouvernement et à la famille du Ministre de la Défense, victimes de la barbarie djihadiste. Cette plaie ouverte défie notre continent uni.
Ainsi, disons que le Mali, pays frère, est assiégé aujourd’hui par le JNIM (branche d’Al-Qaïda) et l’État islamique au Grand Sahara (EI-GS). Après plus de 2 000 morts au Burkina Faso (2023-2024) et l’escalade au Niger, sa chute en tant que pivot stratégique, inonderait le Tchad, le Nigeria et la Guinée de chaos frontalier, selon même, les rapports de l’ONU et de l’ISS (+30% d’incidents au Sahel en 2025).
Les coûts humains et économiques deviennent presqu’insoutenables : le Mali perd environ 10% de son PIB par an en destructions et déplacements selon la Banque mondiale en 2025 ; Le Sahel et la CEDEAO engloutissent plus de 50 milliards de dollars en récoltes ravagées, commerce paralysé et fuites d’investissements. C’est pour dire que nos économies aussi agonisent au-delà des pertes en vies humaines importantes enregistrées.
– Des propositions concrètes pour les Décideurs :
L’Alliance des États du Sahel (AES : Mali, Burkina, Niger), la CEDEAO incluant la Guinée et l’Union africaine (UA) doivent soutenir la défense territoriale malienne, dans le respect strict du Droit international humanitaire (DIH : Conventions de Genève protégeant les civils), du Protocole de Maputo (contre la torture et pour les personnes déplacées internes, IDPs), et de la Charte africaine des droits de l’homme.
– Des mesures impératives je conseille :
La fusion des renseignements et des opérations conjointes (AES-CEDEAO-UA).
Les milices locales bien encadrées et financées solidairement.
La force antiterroriste souveraine, sans ingérences étrangères.
Quant à la Guinée, rempart ouest, elle doit renforcer la vigilance à nos frontières et forger une diplomatie panafricaine proactive.
« Divisés, nous périssons ; unis, nous triomphons ». L’Afrique se lèvera-t-elle ?
Crie de cœur de : Mohamed Lamine Camara Molac, Analyste politico-économique et social, Écrivain et Économiste de base, spécialisé dans les questions d’assurances, de développement et de l’analyse économique des projets. Certifié en prise de parole en public et en leadership par l’école d’Art Oratoire et de Leadership de Dakar.
