À Kolaboui, une initiative autrefois saluée comme un exemple de réussite locale se retrouve aujourd’hui au centre d’une vive controverse. Le projet de motos destiné à l’autonomisation des jeunes, mis en place à travers un groupement d’intérêt économique (GIE), fait désormais l’objet de nombreuses interrogations et alimente les débats au sein de la communauté.
Tout est parti d’un dispositif simple : une dizaine de motos offertes par la société UMS pour soutenir l’insertion socio-économique des jeunes.
Rapidement, les retombées financières ont permis d’élargir le parc à seize engins. Une dynamique encourageante, renforcée par les opportunités générées dans des secteurs comme le BTP, le transport minier ou encore la sécurité. Mais cette trajectoire, jusque-là ascendante, semble avoir marqué un tournant.
Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour dénoncer des dysfonctionnements dans la gestion du projet. Sur les réseaux sociaux comme dans les discussions locales, les accusations circulent, visant notamment certaines figures publiques de Kolaboui.
Face à cette montée de tensions, une réunion s’est tenue ce mercredi, réunissant les principaux acteurs du dossier. Objectif : apaiser le climat et rétablir les faits.
Au cours des échanges, les responsables du GIE ont tenu à clarifier leur position. Selon eux, la gestion des motos relève exclusivement de leur commission, excluant toute implication d’acteurs extérieurs. Ils rappellent également que l’extension du projet est le fruit des recettes générées par les dix motos initiales, malgré la perte d’un engin peu après sa mise en circulation.
Dans le même temps, certaines difficultés internes semblent freiner le bon fonctionnement du dispositif. La remontée d’informations, notamment vers la société donatrice, ne serait pas toujours fluide, laissant planer un flou sur la situation réelle du projet.

Dans cette affaire, le nom d’Algassimou Kaba, président du district central de Kolaboui et candidat à la prochaine élection communale, revient avec insistance. Une implication qu’il rejette fermement.

Pour lui, les accusations relèvent davantage d’une stratégie politique que d’une réalité factuelle. Dans un contexte électoral sensible, il estime que sa réputation est ciblée à dessein.
Tout en appelant à la responsabilité collective, il annonce son intention de saisir la justice afin d’identifier les auteurs de ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement.
Au-delà des positions des uns et des autres, cette affaire met en lumière les fragilités qui peuvent entourer les initiatives communautaires, surtout lorsqu’elles croisent des enjeux politiques.
À Kolaboui, une question demeure : comment restaurer la confiance autour d’un projet qui, hier encore, incarnait l’espoir pour toute une jeunesse ?
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
