Alors que pratiquement une semaine nous sépare de la fin du mois de ramadan, l’inquiétude reste vive dans la ville carrefour de Mamou, chez bon nombre de citoyens, qui n’ont jusque-là pas eu d’habits de fête, ni de quoi mettre dans la marmite ce jour-là. Ce samedi 22 mars 2025, notre correspondant régional a promené son micro dans la commune urbaine, afin de recueillir les réactions de certains.
Adama Condé en est une parmi tant d’autres. Elle crie à la galère et invite les autorités et personnes de bonne volonté à multiplier les gestes humanitaires auprès des personnes qui tirent le diable par la queue.
‘’La galère est là, mais je peux dire Dieu merci, puisque je suis en vie, c’est le plus important. Maintenant, en ce qui concerne la fête qui est presque arrivée, je n’ai rien à porter de neuf ni de quoi nourrir mes quatre enfants qui sont actuellement même à la maison depuis le début du mois de février, pour n’avoir pas payé les frais de scolarité. Leur papa est gravement malade, c’est lui qui s’en occupait de tout. Mais l’homme propose, Dieu dispose.
Là où je me trouve comme ça, je vais au marché pour voir une connaissance, afin qu’elle puisse m’aider à avoir quelque chose pour que je prépare aujourd’hui. Ça fait deux jours, je n’ai pas préparé, mes enfants mangent chez les voisins, comme c’est le ramadan, il y a une petite mosquée auprès de chez nous, c’est là où ils vont. C’est honteux, mais je n’ai pas le choix. Je serais très contente pour toute aide si faible soit-elle, car je ne sais pas quoi faire’’, a-t-elle plaidé.
Traversant la même galère, Alpha Sy dit être déçu des autorités du pays. ‘’Moi j’ai fait 13 ans au Sénégal. Mais là-bas, quand la fête arrive et même le ramadan d’abord, les autorités priorisent beaucoup ceux qui sont à l’intérieur du pays, parce qu’ils savent que ceux-ci sont loin de la capitale et quand ils envoient des vivres, ils suivent du début à la fin pour s’assurer que les personnes se trouvant dans des situations très précaires, obtiennent ces vivres, pas ceux qui ont tous les jours et abondamment, de quoi se nourrir et nourrir leurs petites familles. Mais ici, je peux dire c’est le contraire. Sinon, regardez ma condition de vie, c’est assez déplorable et nous sommes des centaines qui subissent cette galère, alors que quelques jours nous séparent de la fête du mois saint de ramadan. Je prie le Général Mamadi Doumbouya de penser encore à Mamou pour changer notre position’’, a-t-il invité.
Fatoumata Binta Bah est vendeuse au grand marché de Mamou. Elle ne manque pas elle aussi d’exprimer son cri de cœur pour une assistante urgente. ‘’Moi, quand vous me demander aujourd’hui par rapport à cette fête qui arrive, je dirais que ce n’est pas comme l’année dernière. Pour cette année, mon mari qui n’était pas là est revenu et il m’a même donné toutes les dépenses pour la fête. Mais je vais quand même dire à Mamadi doumbouya d’aider la population, surtout les femmes de Mamou. On souffre beaucoup et certaines personnes dans ce marché, leurs maris ne vivent plus. Elles ont des enfants qui doivent être nourris, habillés surtout le jour de la fête et entretenus. Mais si on n’a rien, ça devient compliqué’’, a-t-elle plaidé.
Faute de moyens, à Mamou, cette année, l’engouement n’est pas de taille dans les marchés et même dans la plupart des ateliers de couture, sillonnés par notre correspondant régional. La rareté de la clientèle est palpable sur le terrain.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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