C’est un témoignage émouvant qu’il a décidé de faire sur les colonnes du site Lerevelateu224.com, après le décès de son défunt père, Elhadj Biro Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale. Fraîchement rentré au pays, Dr. Alpha Amadou Diallo a révélé les conseils de son père envers lui et ses autres frères.
C’est en effet un médecin de profession à la fois triste et accueillant que nous avons vu ce mercredi 12 février 2025, à son domicile. Et comme à son habitude, il s’est confié à un journaliste de notre rédaction. Tout d’abord, Dr. Alpha Amadou Diallo s’est réjoui des hommages rendus à son défunt père, avant de témoigner de la gratitude de leur famille, à l’égard des autorités de la transition, mais aussi et surtout, des personnes connues ou anonymes qui se sont associées à eux, pour accompagner leur père à sa dernière demeure dans sa ville natale de Mamou. Il a aussi ressorti un fait qui lui a particulièrement marqué : l’attitude du Général Amara Camara devant la dépouille d’Elhadj Biro Diallo.
‘’Elhadj Biro est décédé le 8 février 2025 dans son sommeil, dans les mains de son dernier fils Hamidou Diallo. La famille se réjouit de l’élan de solidarité nationale et internationale sur la mémoire notre père. Je salue le respect, la gratitude du gouvernement, du CNRD, du président Mamadi Doumbouya, pour avoir marqué sa grande magnitude pour la mémoire d’un des pères fondateurs de la République de Guinée. Il y a eu un détail, on m’a rapporté que quand on a levé le corps pour aller à la mosquée pour la prière funèbre, le Général Amara s’est mis au garde à vous, les larmes aux jeux. Je demanderais à le rencontrer pour sincèrement le remercier, puisque ce n’est pas calculé, c’est un reflexe humain. Il s’est mis au garde à vous, c’est-à-dire, saluer le républicain qui vient de partir, ça, c’est très important. Je salue aussi l’élan de toutes les institutions de la transition, qui ont marqué leurs présences physiques, matérielles et morales. Je salue le respect du peuple de Guinée, accordé à la mémoire de notre père, au fils du pays. À ce fils qui s’est engagé corps et âmes pour le pays, en considérant comme priorité, ce métier d’instituteur qu’il a mis à la disposition des enfants guinéens. Que ça soit à Mamou, à Kebaly, à Kankalabé, à Dabadou, Koundara et Télimélé. Partout, il s’est distingué pour l’éducation rurale dans l’esprit républicain et cette génération aujourd’hui à la retraite, qui a fondé l’élan national pour la promotion des cadres du pays’’, a-t-il loué.
Elhadj Boubacar Biro Diallo est décédé laissant derrière lui, 14 enfants. Le deuxième de la fratrie, Dr. Alpha Amadou Diallo, assure que son père s’en est allé dans une humilité totale. Pour lui, l’ancien président de l’Assemblée nationale n’a jamais priorisé l’argent durant toute sa carrière.

‘’Elhadj Biro Diallo est décédé dans une humilité totale. Il n’a pas cherché l’argent. À chaque fois que je me suis évertué à lui dire de faire profil bas vis-à-vis des pouvoirs, pour que nous puissions profiter des avoirs matériels, il dit ça ne vous profitera à rien. Travaillez honnêtement, vivez honnêtement, produisez honnêtement, mangez honnêtement. C’étaient ces mots et avoir foi en Dieu. Parce que quand tu as foi en Dieu, tu ne vas pas au-delà de ce que tu es capable de faire en ton fort intérieur. Si tu vas au-delà, tu es obligé de tricher, tu es obligé de mentir. Quand tu veux plusieurs maisons, plusieurs voitures, plusieurs femmes, tu es obligé de voler ou de mentir. Donc, il disait l’argent sale a une odeur qui va suivre le propriétaire. C’étaient ces mots, c’était ça notre père’’, a-t-il révélé, avant de revenir sur le souvenir d’enfance qu’il garde de son père.
‘’Le souvenir d’enfance de lui, c’est quand il me portait sur sa bicyclette pour aller enseigner. C’est ça un de mes souvenirs. Sa fermeté, sa sévérité vis-à-vis de lui-même, il s’est même fait violence pour pouvoir être lui-même jusqu’au dernier soupir. Donc, je remercie tout le monde, je remercie la presse locale et internationale qui ont fait l’écho de cet homme humble, pieux et libre d’esprit et du cœur.
Elhadj Biro président de l’assemblée nationale, a été un homme engagé jeune. À 18 ans déjà, il était déjà engagé politiquement (…). Il mobilisait déjà les étudiants africains à Dakar pour la promotion de l’égalité de chance vis-à-vis du pouvoir colonial. Puisqu’il n’y avait pas une ségrégation franche, mais il y avait une certaine sélection entre les blancs et les noirs au niveau de l’enseignement.
Les blancs étaient d’office admis dans les grands lycées ou les grandes universités en France. Cependant, eux, à la base, la sélection a été plus rigoureuse. Donc, il s’est évertué à se battre contre ça et son premier poste ça été le Burkina Faso. Il a renoncé, il a préféré dire qu’il va aller faire l’agriculture ou l’Élevage. C’est en ce moment qu’on l’a affecté à son premier poste à Kankan, après à Timbo. L’école que vous voyez à Timbo, c’était avant une paillotte, qu’il a construite sur subvention du gouverneur de la Guinée française en 1952.
Il n’a pas eu de message à transmettre. Il a transmis le message durant tout le long de sa vie, il est mort dans son sommeil paisiblement. Son dernier fils est venu l’appeler, papa, papa, il n’a pas répondu, ça ne répondait plus, c’est là il a compris que son père est décédé. C’est une mort vraiment paisible’’, a-t-il raconté.
Madiou BAH.
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