Malgré les multiples formes de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), cette pratique continue de prendre de l’ampleur dans la région administrative de N’Zérékoré. Contrairement à l’an précédent qui a connu 362 cas, 2024 a enregistré à son tour 366 cas de violences basées sur le genre.
Qu’est-ce qui explique cette légère augmentation ? L’inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, qui a accordé un entretien à notre correspondant basé à N’Zérékoré ce mardi 7 janvier 2025, a apporté des clarifications.
‘’On a totalisé 366 cas de violences. Les 366 cas-là, c’est seulement 209 survivants qui ont réussi un service complet, c’est-à-dire, une prise en charge. Donc, sur ça, vous avez 18 cas de mariages dont 17 empêchés et 2 qui ont été jugés au niveau des tribunaux ; vous avez 107 cas dont 53 qui ont été gérés au niveau des tribunaux et 23 cas d’excision dont 4 cas jugés ; vous avez 176 cas de violences physiques dont 68 déférés au niveau des tribunaux, 13 cas qui font partie des violences dont 4 ont été déférées au niveau des tribunaux, 5 cas de violences psychologiques, un cas de séquestration et 16 cas de menace de mort ; les 16 cas ont été déférés et jugés, et 5 cas de meurtres. Voilà en globalité ce qu’on peut présenter comme physionomie panoramique des violences basées sur le genre enregistrées dans la région de N’Zérékoré, courant 2024’’, a listé Mohamed Kadiatou Camara, avant de revenir sur les nouvelles mesures prises pour éradiquer ce fléau.
‘’C’est vrai qu’il y a cette pression sociale quand il y a un cas de violence, ce sont des choses qui sont là, mais c’est souvent géré par les communautés. Donc, c’est de leur dire de ne pas accepter de résoudre ces cas de violences, il est important que l’autorité soit informée et que les auteurs soient punis. Parce qu’une punition, ce n’est pas seulement cette sanction qu’il faut voir, mais c’est l’éducation, le message que ça fait passer pour dire attention, si vous commettez ça, c’est une infraction et si c’est une infraction, vous êtes poursuivable, vous devrez être punis.
On a pris vraiment les dispositions à travers une dynamique d’implication des autorités. Je pense que toutes les autorités se sont engagées à s’impliquer activement. Et on a encore renforcé la collaboration intersectorielle à ce niveau pour prévenir au lieu qu’on attende que les filles passent à l’abattoir avant de venir en sapeur-pompier. Donc, dès l’instant qu’on a l’information que des camps s’organisent, il revient aux services compétents dont les services de sécurité et les autorités locales dont les sous-préfets, les maires, les présidents de districts et chefs secteurs, de prendre ses dispositions pour ne pas que les filles puissent être mutilées.
Mais dès l’instant qu’ils ne le font pas, si nous, nous sommes informés, les autorités locales à la base sont poursuivables, les présumés organisateurs de ces camps de violences sont poursuivables, les parents des filles qui ont accepté que leurs filles aillent dans les camps d’excision sont aussi poursuivables. Donc, cette dynamique, en 2025, nous allons renforcer et tolérance zéro contre les auteurs, commanditaires et complices de l’organisation de ces camps de mutilation génitale féminine dans la région’’, a alerté l’inspecteur.
Par ailleurs, il estime que ‘’ce sont les normes sociales dont nous, nous voulons changer, souvent on est mal vu par les communautés comme si nous sommes leurs ennemis. Mais ce que je vais les rassurer, nous sommes-là pour leur bien-être’’.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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