Initialement prévue pour le vendredi 13 décembre 2024, l’intronisation du nouveau patriarche a été finalement reportée à une date ultérieure, selon un communiqué des autorités administratives lu sur les ondes des médias de la place. Le même communiqué précise que cette décision est motivée par l’absence du président d’honneur de la cérémonie notamment le gouverneur de la région administrative de Faranah en mission à Conakry.
Si cette décision de report est acceptée par la communauté Faramaya malgré son goût amer, ladite communauté par contre, n’a pas tardé de monter au créneau pour fustiger les démarches et les attitudes adoptées par le président de la délégation spéciale depuis le début de cet imbroglio lié au choix du successeur du défunt patriarche le doyen Mamadi Mansaré.
Dans un entretien qu’il a accordé à notre correspondant régional, Issa Keita, ancien vice-maire de la commune urbaine de Kissidougou et représentant de la communauté Faramaya, n’a pas fait de cadeau au patron de la délégation spéciale.

‘’Laissez-moi d’abord préciser que nous (la communauté Faramaya) sommes respectueuses de la décision des autorités administratives, malgré le fait qu’elle soit peu tardive, parce qu’elle est intervenue seulement à 24 heures de l’événement. Alors qu’on avait effectué des dépenses au niveau des spots et la réception des invités qui étaient pour la plupart dans nos murs. Par contre, ce qui nous a plus étonné, c’est le président de la délégation spéciale. Avant tout d’abord, voyant son statut de police administrative. Nous étions venus vers lui pour solliciter sa médiation autour d’un malentendu qui nous opposait à certains de nos frères, parce que nous sommes animés du souci de la quiétude sociale. Mais à notre fort étonnement, lui a profité d’une réunion avec les chefs de quartiers pour exposer ce problème familial à tout Kissidougou au lieu d’appeler les parties en aparté. Pire, dans la salle, il se permet de lire deux courriers devant les chefs de quartiers avant de les demander de se prononcer là-dessus. Le premier courrier c’est celui signé par Faranah, la seule communauté qui se réserve exclusivement le droit du choix d’un patriarche et le deuxième courrier est venu de deux autres communautés différentes de Faramayah. Pourtant, au niveau des 3 communautés traditionnelles de Kissidougou, les responsabilités sont bien définies. Le président de la délégation spéciale ne s’est pas limité là, il était parti encore faire une déclaration unilatérale à la radio où il a fait une mise en garde. D’ailleurs, cette sortie allait mettre du feu à la cité, si on n’avait pas joué aux sapeurs-pompiers, parce que les jeunes étaient surchauffés.
Alors, pour nous, c’est une ratée lamentable de sa part et c’est une déception. Si ce n’était pas à cause de la cohésion sociale, on allait déclencher une action judiciaire contre lui pour abus d’autorité et menaces’’, a-t-il martelé.
Plus loin, Issa Keita a enfoncé d’avantage le clou en accusant le président de la délégation spéciale d’ingérence dans cette affaire. ‘’De surcroît, le président de la délégation spéciale a participé à plusieurs réunions de l’autre camp. Je veux préciser que Faramayah n’a aucun problème, nous avons fait le choix du patriarche et les 7 provinces sont d’accord. Aujourd’hui, c’est seulement 3 individus qui s’opposent au choix de la communauté, donc, pour nous, les 3 personnes là, c’est l’arme du crime mais la main du crime est derrière. Il y a les mains noires qui agissent dans l’ombre. Pour preuve, quand les sages qui sont venus d’ailleurs ont entamé une négociation, ils se sont aussitôt rendus compte que le problème c’est pas seulement nos 3 frères, mais il y a des communautés qui sont en train de faire des ingérences. Ce qui est une violation flagrante du protocole d’accord qui lie les trois communautés’’, a-t-il précisé.
Toutefois, dans son droit de réponse, le président de la délégation spéciale Elhadj Mamadi Iva Sanoh a balayé d’un revers de la main l’ensemble de ses accusations qui, selon lui, ne sont pas du tout fondées.

‘’Deux groupes convoitent le même vestibule et chaque groupe a fixé sa date pour l’intronisation de son patriarche. Alors, quel doit être notre rôle en tant qu’autorité? c’est d’abord demander à tous les camps de sursoir à toute cérémonie d’intronisation, parce que nous voyons un peu d’incompréhension entre frères qui peut dégénérer. On dit souvent que gouverner c’est anticiper. Nous ne soutenons aucun camp, mais plutôt nous sommes pour la quiétude sociale. Si Dieu ne m’a pas donné les moyens matériels pour faire le goudron pour Kissidougou, mais je dois me battre pour le maintien de la quiétude dans la cité, c’est une de mes missions. Quand j’ai exposé le problème aux chefs de quartiers, c’était dans le but de connaitre leurs avis sur la question, car je ne gouverne pas seul et c’est mon devoir de les écouter sur tous les sujets brûlants de la cité. Heureusement, monsieur le préfet est allé dans le même sens’’, s’est-il défendu.
De nos jours, aucune nouvelle date n’a été donnée. Ce qui donne champs libre à tout commentaire et fait durer le suspense autour de ce dossier. À signaler deux personnes visent l’unique trône patriarcal pour succéder au doyen Mamadi Mansaré. Il s’agit tout d’abord d’Elhadj Dramane Keita, fonctionnaire à la retraite qui a servi à l’UGAR et de Samba Keita couturier de son état.
Affaire à suivre !
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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