Depuis la saison hivernale, plusieurs villes du pays ont été frappées par des précipitations d’une rare intensité de pluies. De Conakry jusqu’à l’autre bout du pays à N’Zérékoré, en passant par Kankan et Siguiri, les pluies diluviennes ont causé des morts d’hommes et des dégâts matériels importants, laissant plusieurs foyers à la belle étoile, des habitations décimées, des animaux emportés par les flots.
Une assistance est-elle envisagée par le gouvernement pour soulager les milliers de sinistrés à travers le pays ? Elément de réponse dans cet entretien qu’a accordé le directeur national de l’agriculture et de l’élevage, de passage à N’Zérékoré, à notre correspondant basé dans la région de N’Zérékoré.
‘’Avec le changement climatique aujourd’hui, nous voyons vraiment que l’impact se fait ressentir non seulement au niveau des agriculteurs, mais aussi au niveau des éleveurs. Cette année est exceptionnelle, pas seulement en Guinée, mais partout dans le monde entier. Même les pays qui ont des aménagements de types 4, c’est-à-dire, les aménagements avec une maitrise complète, ont été impactés. Et spécifiquement pour la région de N’Zérékoré, nos services déconcentrés, la direction régionale et la direction préfectorale, nous ont remontées une situation par rapport aux impactés. Non seulement des champs ont été inondés, mais beaucoup d’éleveurs ont perdu leurs animaux. Que ça soit au niveau des agriculteurs, au niveau des pisciculteurs, que ça soit au niveau des éleveurs de petits ruminants et des gros bétails, nous avons une situation claire autour de ça. Et comme nous sommes dans la région forestière, on va faire un tour à Lola, si le temps nous le permet. M. le Ministre a instruit pour aller voir et prendre contact avec certains impactés.
Néanmoins, le gouvernement est en train de mettre une politique en place, pour pouvoir vraiment voir comment atténuer leurs souffrances. Parce que l’impact du changement climatique, ce ne sont pas les paysans qui ont demandé ça. On peut tout mettre en œuvre, on peut mettre les engrais disposition, on peut mettre les semences à disposition, on peut créer toutes les conditions liées à l’accompagnement pour qu’ils puissent vraiment augmenter leurs rendements. Mais ce qui est lié aux impacts du changement climatique, ça, ça ne se prévient pas. Et c’est ce qui fait qu’il y a une politique, en collaboration bien sûr avec d’autres départements ministériels, comme le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation et autres qui sont en train de gérer tous ces impactes.
A Conakry par exemple, certains ont bénéficié, parce que des maisons ont été détruites, beaucoup de choses ont vraiment été décimées par ces calamités naturelles. Bref, les dispositions sont en train d’être prises par l’Etat, pour qu’on puisse voir comment atténuer l’impact. Parce que si on ne le fait pas, l’année prochaine, on va aller tout droit, je ne dirai pas vers la famine, mais l’insécurité va s’installer de la façon la plus durable et c’est ce qu’on essaie d’éviter’’, a fait savoir Aboubacar Demba Samoura, directeur national de l’agriculture.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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