Désormais, les fonctionnaires en activité et les retraités ont une réponse sur la destination des 5% et 2% prélevés respectivement sur les salaires et les pensions, car depuis le 10 août dernier, ces agents jouissent d’une couverture médicale universelle à hauteur de 80%. C’est une initiative de l’État guinéen, à travers la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS).
À Kissidougou, les nombreux agents de l’État en service ou à la retraite ont finalement adhéré à cet ambitieux programme après une longue période d’hésitation et de scepticisme. Les services de ce programme s’étendent sur des risques liés à la maladie, aux accidents professionnels et non-professionnels, ainsi que la maternité des agents publics et leurs ayant-droits. En séjour à Kissidougou, Bérété Daouda est un fonctionnaire au compte du Ministère de l’énergie, de l’hydraulique et des hydrocarbures. Il suit actuellement son traitement à l’hôpital préfectoral de Kissidougou.

‘’Je suis venu à Kissidougou pour un séjour et je suis tombé malade. Mais comme j’étais déjà sensibilisé par rapport à cette couverture médicale, j’ai directement réuni les documents qu’il faut et je me suis présenté à l’hôpital. J’ai été bien accueilli par le point focal. Je suis passé à la consultation et au labo pour les examens et maintenant, je me dirige comme ça à la pharmacie pour acheter les produits prescrits dans l’ordonnance. En tout cas, pour le moment, les 20% sont respectés à chaque étape de paiement. Par exemple, au labo, le montant total s’élevait à 105.000 GNF, mais je n’ai payé que 21.000 GNF. Donc, je suis rassuré aujourd’hui que c’est de la réalité, sinon, au début, même moi je doutais de l’effectivité de ce programme’’, a-t-il témoigné.

Sallo Kamano, point focal dudit programme à Kissidougou, revient sur les conditions à remplir avant de bénéficier de cette couverture médicale. ‘’Le fonctionnement est très simple. Il suffit juste de prouver que tu es un fonctionnaire ou un retraité à travers la fourniture des documents exigés, à savoir un des trois derniers bulletins de salaire, le récépissé du dernier enrôlement biométrique de Fugas et une pièce d’identité biométrique ou à défaut une carte d’électeur. Quant aux retraités, ils n’auront pas besoin de fournir le récépissé d’enrôlement. Une fois à l’hôpital, je serai là pour vous accueillir et vous orienter jusqu’à la fin de votre traitement. Pour le moment, je dirai que le taux de fréquentation est appréciable, car les concernés commencent à nous porter confiance. Depuis le lancement de ce service au mois d’août dernier, nous avons reçu plus de 80 patients et qui sont répartis satisfaits. Au début, mon bureau se trouvait au bloc administratif, mais finalement, j’ai jugé nécessaire de déménager dans l’enceinte de l’hôpital pour être plus près des cibles.
Tout récemment, nous avons réussi à évacuer un bénéficiaire vers Conakry avec un coût élevé à 3.220.000 GNF. Encore avant la rentrée scolaire, nous avons suivi les traitements d’un enseignant qui a été victime d’un accident de moto. Là, les dépenses étaient de 1.500.000 GNF, et tout récemment, un autre fonctionnaire avait subi une opération chirurgicale à nos frais. Alors, pour le moment, nous n’avons pas de difficulté majeure. Mais seulement, nous invitons les bénéficiaires à venir très tôt vers nous en cas de maladie, de ne plus attendre que la maladie soit compliquée. Egalement, nous invitons les chefs de service à élargir l’information auprès de leurs agents’’, a-t-il détaillé.
Les représentants des structures syndicales basées à Kissidougou se réjouissent des avantages d’une telle initiative. C’est le cas de Check Ahmed Camara, secrétaire général de l’Union syndicale du SLECG.

‘’C’est un ouf de soulagement pour nous les syndicalistes qui nous battons nuit et jour pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires en général et des enseignants en particulier. Quand j’ai appris la bonne nouvelle, je suis allé rencontré le point focal en personne et il a été très convaincant dans ses explications. Donc, à mon tour, je vais vulgariser cela au niveau des enseignants dans les établissements scolaires, au cours de nos réunions et sur les différentes plateformes. Nous encourageons l’État à fournir également les mêmes efforts pour l’accès à un logement décent’’, a-t-il sollicité.
À signaler que pour l’instant, les services de cette couverture médicale se limitent seulement à l’hôpital préfectoral de Kissidougou. Ce qui a poussé plusieurs fonctionnaires à solliciter son extension vers les structures sanitaires dans les zones reculées.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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