Dans la matinée du mercredi 17 Juillet dernier, la ville de Moribadou, relevant de la préfecture de Beyla, où est implantée la société minière Rio Tinto Simfer, était sous tension. Il s’agit des citoyens autochtones qui protestaient contre le système de recrutement qu’a imposé l’administration de ladite société minière, en s’opposant à tout concours, avant d’être retenus.
Après plusieurs requêtes sans suite favorable, les citoyens avaient organisé une manifestation qui a causé des pertes en vies humaines, des blessés graves et des dégâts materiels importants. Au regard de l’ampleur ou de la gravité de la situation, le Gouverneur de la région informé, a réquisitionné l’armée pour rétablir l’ordre dans la zone.
A l’issue de cette manifestation qui a endeuillé plusieurs familles et causés des dégâts matériels considérables, plusieurs personnes ont été mis aux arrêts et conduites à la maison centrale de N’Zérékoré, par les services de défense et de sécurité. D’autres pour se sauver ont pris la poudre d’escampette pour se refugier en brousse. Interrogé ce mardi 30 Juillet 2024, le Procureur de la République près le TPI de N’Zérékoré, est revenu sur la quintessence de ce dossier.
‘’En ce qui concerne cette affaire de Moribadou, c’était une procédure violente liée au recrutement à Moribadou. Moi, j’ai été informé la nuit du jour-J par le gouverneur qui m’a demandé de faire une réquisition au niveau de l’armée. J’ai dit non, car ça ne relève pas de ma compétence, j’ai appelé mon procureur général qui m’a dit de ne pas faire une réquisition. C’est le gouverneur qui a fait la réquisition. Donc, l’armée est partie en collaboration avec les officiers de police judicaire. Ils ont interpelé beaucoup de personnes au nombre de 56 qui sont actuellement à la maison centrale de N’Zérékoré. Et quand ils sont venus, on s’est organisés avec le siège, on a mis un pool de juges d’instruction. Les juges d’instruction des deux cabinets du tribunal de première instance et le juge d’instruction de la justice de paix de Beyla.
Dans ce dossier, ces éléments, nous, on a fait un réquisitoire exécutif et nous avons saisi le pool des juges d’instruction qui sont en train de voir comment trouver cette situation, parce qu’il parait qu’il y a des innocents. Donc, ceux qui seront innocents, seront acquittés et ceux qui seront maintenant reconnus coupables, ils seront aussi condamnés en fonction de leur forfaiture’’, a déclaré Abdoulaye Komah.
Mieux, l’empereur des poursuites judiciaires au parquet de N’Zérékoré, a ajouté que dans les infractions retenues, il est reproché aux détenus entre autres de coups et blessures volontaires, ‘’parce qu’il y a eu un militaire qui a été évacué au sein des forces de défense et de sécurité, il y a eu des incendies, de l’assassinat, on dit qu’au niveau des manifestants, certains sont morts, il y a eu destruction de biens privés, vol, détention illégale d’armes légère calibre 12. Ce sont des charges pour lesquelles ils sont poursuivis’’, a précisé Abdoulaye Komah.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI pour Lerevelateur224.com.
