L’évaluation des partis politiques par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation fait réagir les acteurs concernés depuis quelques temps. Une démarche deuxième du genre en moins d’une année qui suscite des interrogations chez les concernés.
Pour Abdoulaye Bah, conseiller politique du président de l’UFDG, l’évaluation des partis politiques émane des citoyens à travers leurs votes et non de l’État.
‘’Vous avez aujourd’hui une opération d’évaluation extrêmement opaque à l’endroit des partis politiques, alors que la transition devrait avoir des objectifs sur le fichier électoral, sur la nouvelle constitution qui est annoncée et qui n’arrive jamais, calmer le pays, faire en sorte que les guinéens soient appelés à élire leurs gouvernants.
Les partis ne sont pas à évaluer comme des élèves. Ce sont les citoyens qui départagent les partis politiques. S’il y a évaluation tacite, c’est à travers des élections ouvertes, que les citoyens votent librement et que l’État devient un arbitre neutre et crédible comme au Sénégal.
Lorsque vous avez plusieurs individus ou plusieurs entités dans une compétition saine, vous allez arriver à quatre résultats : Les faibles qui vont être éliminés, il y aura des petits partis qui auront un petit suffrage catégorie 2, troisième catégorie, les partis moyens qui vont obtenir un suffrage moyen à leurs niveaux et les grands partis politiques qui vont être au sommet. Donc, c’est l’élection qui permet d’avoir c’est quatre catégories au niveau des partis politiques’’, fait-il remarquer.
Selon l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, l’activité politique nécessite absolument une compétition saine d’où l’évaluation, pas de la part de l’État, mais plutôt de la part des citoyens, puisque ajoute-t-il, ‘’c’est les citoyens qui sanctionnent les partis politiques en leur choisissant ou en leur rejetant. Ce n’est pas à l’État de contrôler et d’évaluer les partis politiques qui cherchent le pouvoir politique. Ça, c’est une grosse erreur’’.
Poursuivant son intervention, cet acteur politique fait savoir que sur tous les plans, rien ne va en Guinée. ‘’Aujourd’hui, les gens souffrent plus qu’avant et ce qui est paradoxal et extraordinaire, les gens réclament Alpha Condé, les gens le regrettent. C’est incroyable que nous qui avions lutté, fait la prison, on a eu des victimes, des morts et des blessés, que parmi nous aujourd’hui, pas moi, qu’il y ait des gens qui réclament le Pr. Alpha Condé. Finalement, à quoi a servi le coup d’Etat ?
Sur le plan social, aujourd’hui les gens ont peur, personne n’ose, il ya des menaces ou d’arrestations, d’emprisonnements. Et ce n’est pas bon dans un pays d’effrayer les gens. Il faut que les gens soient libres dans leur pays tant qu’ils n’ont pas violé une portion de la loi. Et vraiment, tout ça n’est pas souhaitable, parce que les gens ont besoin de travail et puis aujourd’hui, nous politiciens, on parle d’élection. Je suis convaincu que les guinéens qui nous connaissent vont voter pour nous et s’ils votent pour nous, je pense qu’on pourra déduire la société’’, a estimé Abdoulaye Bah.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
