Chez nos confrères de Jeune Afrique, l’ancien premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo a livré une analyse ce samedi 29 juin 2024, sur les relations diplomatiques entre Conakry et Paris, depuis le 5 septembre 2021.
Sous pression de l’opposition à Conakry, Mamadi Doumbouya est plutôt apprécié sur la scène internationale, fait observer d’abord l’hebdomadaire panafricain. Appuyez-vous son refus d’entrer dans l’Alliance des États du Sahel (AES) ? Au leader de l’UFDG de rétorquer : ‘’Est-ce qu’on a le lui a proposé ? Pour le moment, il ne l’a pas fait, effectivement. Je pense surtout qu’il faut renforcer la Cedeao, dont la Guinée est membre fondateur’’.
Justement, faut-il réintégrer les juntes au sein de la Cedeao ? Lui relance le journal. ‘’Le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, travaille actuellement dans ce sens. Je souhaite que la charte, qui prévoit la suspension des pays dont l’ordre constitutionnel a été rompu, soit respectée. Cela permettra de décourager d’autres coups d’État’’, argue M. Diallo.
S’agissant du soutien de la France à la junte guinéenne, Cellou Dalein Diallo dit ne pas être satisfait de l’attitude des occidentaux de façon générale.
‘’De façon générale, je ne suis pas satisfait de l’attitude des Occidentaux, qui ne font pas grand chose pour le respect des libertés fondamentales et un retour diligent à l’ordre constitutionnel. À Conakry, il y a eu beaucoup de violations des droits humains, une cinquantaine de jeunes manifestants ont été tués et la presse est muselée. La communauté internationale est restée silencieuse. Elle ne réagit pas non plus à la volonté assumée de la junte de se maintenir aussi longtemps que possible au pouvoir. Pourquoi souhaite-t-on pérenniser un pouvoir illégitime ?
Au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso, les ambassadeurs et les soldats français ont été renvoyés. En Guinée, la France ménage la junte, et réciproquement.
À Conakry, il n’y a pas de sentiment antifrançais. Les Guinéens ne sont pas hostiles à une coopération renforcée avec la France, mais pas au détriment de la démocratie et de l’état de droit. Pour l’instant, la jeunesse guinéenne observe avec inquiétude les relations de la France avec une junte autoritaire, liberticide et corrompue. Il faut craindre qu’elle ne s’en irrite’’, a-t-il fait observer.
Faut-il adopter une posture de principe vis-à-vis des putschistes ?’’Absolument. Il faut condamner tous les coups d’État, c’est-à-dire toute prise du pouvoir par la force, la fraude ou la modification de la Constitution’’, répond Cellou Dalein Diallo.
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