Visiblement, c’est un coup dur que sont en train de subir plusieurs journalistes à travers le pays. Ceux de la ville de Mamou n’en font pas exception. Ces Hommes de micro dont la plupart n’ont pas d’autres activités parallèles, tirent le diable par la queue, depuis la sortie de l’arrêté du ministre de l’information et de la communication, retirant les agréments de leurs médias.
Ces journalistes déplorent la situation dans laquelle les autorités de la transition les ont laissés. Certains auditeurs des émissions de ces hommes de médias qui se sont confiés à notre correspondant régional ce mardi 28 mai 2024, ont de leur côté, exprimé leurs déceptions.
‘’Je suis un auditeur et j’écoute toutes les 6 radios privées de Mamou y compris la radio rurale. Mais depuis que cette décision des autorités est tombée le 22 Mai 2024, la situation de beaucoup de journalistes a basculé, parce que vous savez, nous sommes en Guinée, c’est difficile d’avoir un emploi. Donc, si vous en gagnez un, vous vous y accrochez avec corps et âme. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, le taux de chômage a grimpé de façon exponentielle à travers le pays.
La majeure partie de ces journalistes n’ont pas d’autres activités génératrices de revenus. De la pauvreté, le pays s’est plongé dans la misère à cause d’une refondation que je dirais même vouer à l’échec. Et le gros problème encore, c’est qu’on refuge qu’on manifeste sa plainte.
Les gens qui sont venus pour vous effacer les larmes, vous sortir de la galère, vous faire de l’amour, voir les mêmes en l’espace de deux ans bâillonner la presse, confisquer les libertés individuelles et collectives, piétiner les droits humains les plus élémentaires, je pense que c’est le comble de la désillusion. L’essentiel à faire aujourd’hui par le CNRD c’est de rendre le tablier, démissionner en demandant pardon au peuple de Guinée. Sinon, fermer plus de trois radios, c’est franchement de la dictature en gestation’’, a fustigé Sékou Dioubaté.
Par contre, pour Lamine Condé, ces médias sont la cause de leur malheur. ‘’Si vous voyez que moi je suis rarement ces émissions de débats politiques, c’est parce que l’éthique et la déontologie manquent chez beaucoup de journalistes guinéens, qui parlent comme ils veulent et sans la moindre réserve. Alors, pourquoi s’apitoyer aujourd’hui sur leur sort, puisque c’est eux-mêmes qui ont provoqué cette situation? En oubliant que la Guinée comme disait le premier ministre, est un environnement très fragile où il faut se méfier de tenir certains propos incendiaires. Surtout l’émission de Lamine Guirassy qui est venu enflammer les esprits des guinéens.
Moi, j’apprécie du fond du cœur cette sanction des autorités et aussi, je suis pour, s’il faut aller plus loin encore que ce qui a été déjà infligé à ces médias. Comme ça, ils vont se conformer aux règles et à la déontologie du journalisme. Nous n’allons jamais accepter qu’une radio brûle ce pays qui nous est chère’’, a-t-il brocardé.
Fatoumata Camara, vendeuse au marché Avaria de Mamou, a quant à elle interpellé les autorités en ces termes. ‘’Le président n’a qu’à pardonner nos enfants pour ouvrir ces radios. Je connais les journalistes dans mon quartier qui sont en train de souffrir beaucoup actuellement. Ils n’ont rien et on est venu compliquer de plus leur situation. Moi, je n’ai pas étudié, mais je sais si vous n’avez rien à faire en Guinée, comment les gens vont vous traiter. Je suis très triste de voir ces pères et mères de familles taper à pieds matin et soir et rentrer bredouille. J’invite les sages à se mobiliser pour aller dire aux autorités de libérer ces radios. Ils ne vont pas reprendre désormais’’, a-t-elle supplié.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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