Sur la route internationale Guinée-Mali, ils sont nombreux les passagers et usagers de cette voie à dénoncer les chicanes policières. Victimes d’arnaque de la part des agents le long des barrages érigés, ces guinéens ne savent plus où se donner la tête.
Cette situation pénalise les usagers de la route Siguiri-Mali, en passant par Kouremalé, la frontière entre les deux pays voisins. Selon eux, à chaque barrage, les unités de sécurité arnaquent à ciel ouvert les pratiquants de cette voie. Ayatou Camara est chauffeur. Il explique les tracasseries que lui font subir les agents le long de son voyage.
‘’Moi, j’étais parti prendre ce camion en Mauritanie, mais la souffrance que je n’ai pas subi dans les autres pays, c’est ce que j’ai eu en Guinée. J’ai pris le camion en Mauritanie, après la Mauritanie, je suis venu à Bamako sans problème. A chaque barrage, quand je montre les papiers du véhicule, je passe, parce que j’étais seul dans le camion, c’est un nouveau véhicule.
Arrivé à Kouremalé (frontière guinéo-malienne) dans la partie du mali, dès que j’ai présenté les papiers, les agents maliens m’ont laissé passer. Arrivé dans la partie guinéenne, mon calvaire a commencé. C’était de l’arnaque pure et simple de part des agents guinéens. Avant de rentrer d’abord dans la Cour de la douane pour le dédouanement, ils m’ont dit de payer 200 000 GNF pour la rentrée définitive. Je les ai plaidés, j’ai payé 100 000 GNF là-bas, dans la Cour, ils m’ont dit que le dédouanement c’est 27 000 000 GNF, j’ai payé ça aussi. Arrivé au scanner, ceux-ci m’ont dit de payer 110 euros qui correspond 1 100 000 GNF, j’ai plaidé là-bas aussi, finalement, j’ai payé 550 000 GNF.
Arrivé au niveau de la police, j’ai présenté tous ces papiers, mais les policiers aussi m’ont demandé de payer 1 000 000 GNF pour la rentrée définitive. J’ai dit quelle autre rentrée définitive? Pourtant, j’ai payé, mais ils n’ont pas compris, j’ai payé 400 000 GNF là-bas aussi. Arrivé juste à la rentrée de Siguiri à Soumbrakolé, il y avait des gendarmes là-bas, j’ai présenté tous les papiers, eux aussi ont dit de payer 500 000 GNF pour la rentrée définitive, mais je n’avais plus rien maintenant. Je leur ai dit de me donner le reçu pour que j’aille payer ça au trésor public. Quand j’ai dit ça, ils m’ont dit alors de voir ce que je peux trouver pour eux, mais je n’avais plus rien. Finalement, ceux-ci m’ont laissé passer, c’est comme ça je suis rentré à Siguiri’’, a témoigné cette victime.
De son côté, Kassim Konaté, un passager qui voyage souvent entre Siguiri et Kankan, fustige la pluralité des barrages sur la route. ‘’Actuellement, il y a trop de barrages sur la route de Kankan- Siguiri. A seulement une distance de 125 km, on en trouve au moins 4 barrages et à chaque barrage, les agents demandent la pièce d’identité, ceux qui n’en ont pas, payent 10 000 GNF, ce problème nous retarde tellement sur la route.
Ils ne sont là que pour gagner de l’argent, sinon, à quoi sert de demander de l’argent ? Est-ce qu’un bandit peut être incapable de payer 10 000 GNF pour passer à un barrage ? Le gouvernement doit revoir ces tracasseries sur les routes’’, a-t-il interpellé.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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