Le torchon continue de brûler entre l’État guinéen et les médias les plus critiques du pays. Après avoir brouillé et retiré certains des bouquets Canal+ et Startimes, l’État a procédé, contre toute attente, au retrait des licences de FIM FM, Djoma Médias, Espace, et Sweet FM.
Une situation alarmante et déplorable pour les hommes de médias, qui se sont retrouvés, après cette décision, sans emploi, et qui continue de susciter des réactions au sein des acteurs sociopolitiques du pays.
Interrogé par notre rédaction ce jeudi 23 mai 2024, sur cette actualité qui fait couler beaucoup d’encre et de salives, Dr. Édouard Zoutomou Kpogoumou, président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP), a condamné cette action du CNRD, en affirmant que c’est un recul dangereux et un mouvement de destruction des libertés civiles et des droits octroyés à tous les êtres humains dans le monde entier.
‘’Nous pensons que c’est un recul inquiétant du processus démocratique. Nous pensons que ce sont des moyens de consolidation d’une dictature qu’on a déjà imposée en Guinée. On n’a pas besoin de retirer des licences. Aujourd’hui, dans ce monde, ce sont les médias qui font et défont tous les régimes, qu’ils soient dictatoriaux ou pas. Essayer de se mettre à dos les médias, ça veut dire que vous êtes en train de vous positionner pour ne pas qu’on décèle ou qu’on sache tout le mal que vous êtes en train de préparer ou de faire au pays. Nous sommes franchement outrés par de telle mesure. Cela ne doit pas se faire et nous ne sommes pas prêts à l’accepter non plus’’, a-t-il fustigé à l’entame de sa communication, avant de donner son point de vue sur ce qui a pu motiver les autorités à prendre cette décision.
‘’Tous ceux qui sont en train de formuler des critiques, même si ce sont des critiques objectives envers leur façon de gérer le pays, c’est-à-dire, tous ceux qui critiquent et rejettent toute la corruption à grande échelle qui est maintenant instituée dans le pays, tous ceux-là sont des cibles, qu’ils soient des partis politiques ou des journalistes. Tous ceux qui suivent et critiquent la mise en place d’un système mafieux sont la cible. Et les médias ne sont pas une exception. C’est la raison pour laquelle, il y a cet acharnement contre les médias. Après ça, ce sera le tour des syndicats et des partis politiques’’, a-t-il averti.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
