Au cours des dernières 72 heures, la préfecture de Kissidougou a été secouée par deux grandes décisions du pouvoir central. Il s’agit respectivement du limogeage du préfet, le Lieutenant-colonel Mohamed Lamine Camara, suscitant un grand étonnement au sein de la population et la dissolution sans surprise des élus locaux de la commune urbaine et ceux des 12 communes rurales que compte la préfecture de Kissidougou.
Si le premier décret concernant le limogeage du préfet est peu commenté, en revanche, le second sans doute a généré beaucoup de réactions tant dans les quartiers généraux des partis politiques que dans le monde des organisations de la société civile. En tout cas, cette décision mettant fin aux règnes des conseillers communaux offre une occasion aux uns et aux autres de commenter le bilan de plus de 6 ans de gestion pour certains. Egalement, ces acteurs sociopolitiques ont trouvé ce moment propice pour exprimer leurs attentes par rapport à la future délégation spéciale qui devrait selon la logique du CNRD, conduire les destinées des communes jusqu’à l’organisation des prochaines échéances électorales.
Dans le camp du RPG Arc-en-ciel, un parti dont la majorité de ces élus locaux sont issus, on n’hésite pas à louer leur bilan. En tout cas, c’est l’avis d’Elhadj Ibrahima Kalil Koulibaly, ancien secrétaire général du RPG section Kissi-Kènèma.

‘’Nous prenons acte de cette décision. Le RPG est très fier de ses élus à Kissidougou, que ce soit dans la commune urbaine ou dans les communes rurales. Ils ont fait de leur mieux en terme de maintien de la quiétude sociale, mais aussi en terme de réalisation des infrastructures de base. Je peux dire que les objectifs fixés ont été réalisés à 90% avec à la clé la transparence et le patriotisme. Je pense que l’équipe qui doit les succéder devra s’inscrire dans cette logique de servir les populations d’abord, en œuvrant pour la quiétude’’, a-t-il affirmé.
Dans les rangs du mouvement citoyen de Kissidougou (MCI), on estime qu’il est temps de se focaliser sur la transition, surtout que les futures délégations spéciales vont accompagner le processus électoral qui pointe à l’horizon dans notre pays. Bangaly Traoré membre influent de ce mouvement défend cette position.

‘’Au MCI, on n’est pas du tout surpris de cette décision de dissolution des conseillers communaux, c’était déjà annoncé ; donc, tous les citoyens attendaient le décret. Je dirai que l’équipe de Yomba Sanoh n’a pas démérité. Bien sûr qu’on ne peut pas dire qu’ils ont satisfait à 100% la population, mais on peut voir leurs traces, surtout ils ont préservé le tissus social. C’est pourquoi, Kissidougou est un havre de paix. Le plus important pour nous en tant que mouvement citoyen, c’est comment pérenniser ce climat de paix et d’entente dans notre cité et c’est là qu’on attend la délégation spéciale, parce que la paix nous est très chère. D’ailleurs, j’espère que ces hommes et femmes qui composeront cette équipe ne vont pas décevoir dans ce sens’’, a-t-il espéré.
Pour le coordonnateur régional du Reguipad (Réseau Guinéen pour la Paix et le Développement), Cheick Ahmed Camara, on doit adopter de la méfiance en parlant de la gestion des maires.

‘’Concernant le bilan, je ne peux que parler de la commune urbaine, car je ne maîtrise pas les réalités des communes rurales. On sait que ici à Kissidougou, tout est priorité mais l’équipe sortante a fait preuve de pragmatisme dans beaucoup de domaines, tels que la réalisation des marchés de proximité, quelques ouvrages de franchissement comme des ponts et dalots dans certains quartiers, le dégagement du dépotoir central de Kissidougou et l’assainissement, c’était encourageant.
Par contre, dans beaucoup de domaines aussi, les lignes n’ont pas bougé, comme l’anarchie dans la circulation par endroit. Alors, je me réserve de tout commentaire sur la transparence dans leur gestion, quand on sait qu’il y a une procédure judiciaire qui est enclenchée contre les maires ; donc, je crois qu’il serait sage d’attendre la conclusion de cette procédure. En termes du maintien de la quiétude sociale, je dirais que Kissidougou est en avance sur les autres préfectures’’, a-t-il témoigné.
À noter que le décret qui a dissous les conseillers communaux avait mentionné que les affaires courantes des communes seront gérées par les secrétaires généraux. Pourtant, depuis le décès de Moustapha Cissé, ex secrétaire général de la commune urbaine de Kissidougou, ladite commune n’en avait pas un. C’est pourquoi, dès la matinée du jeudi 28 mars 2024, un secrétaire général a été nommé en urgence, pour corriger cette anomalie administrative.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevzlateur224.com.
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