Dans les contrées de Baté, précisément dans le district de Banankoni, relevant de la sous-préfecture de Karifamoriah, située à 15 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Kankan, réside une famille très réputée pour sa connaissance en traitement thérapeutique. Avec le développement de la science et de la médecine, cette famille fait l’objet de convoitise au niveau national et même au-delà de nos frontières, en raison de sa maîtrise parfaite de la nature et de la qualité des soins, mais surtout, sans ambition de se faire fortune sur le dos des patients. Ce, malgré les maigres moyens dont elle dispose.

Rencontré dans son village natal, entouré des milliers de personnes fracturées par notre correspondant régional, Issiaka Keita, fait part de sa vie quotidienne. Il raconte comment il a embrassé cette vocation. ‘’C’est mon père qui m’a légué cet héritage. Depuis mon jeune âge, je venais souvent à ses côtés, c’est comme ça que j’ai appris ce métier. Comme lui, il est avancé en âge aujourd’hui, donc, mes frères et moi avons pris le relai’’, a-t-il fait savoir.

De nos jours, Issiaka Keita et ses frères reçoivent des centaines de patients victimes de fractures d’os par jour, en provenance de divers horizons. Mais il ne demande aucun copeck à qui que ce soit. ‘’Mon père m’a dit de ne prendre de l’argent avec personne ou de ne demander quelque chose, quelque soit son origine. Celui qui sera guéri, si tu gagnes un coq en guise de reconnaissance, ce n’est pas mauvais, au cas contraire, la personne est libre de s’en aller, ce n’est pas une dette en vers toi.
Nous, on ne fait que manifester notre volonté seulement, c’est Dieu qui guérit. Et si tes parents te disent de ne pas faire, si tu ne veux pas avoir de la malédiction, tu dois obéir à cela. Voilà pourquoi je suis les traces de mon père’’, argue-t-il.
Plus loin, il confie que des patients arrivent non seulement de toutes les régions de la Guinée, mais aussi, de nombreux pays étrangers. ‘’Nous recevons des patients qui viennent de différents pays, par exemple le Burkina, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal…Il y a aussi quelqu’un qui est venu de Bangkok, en ce moment même, il y a un Algérien avec moi ici’’, a-t-il confié.

Comme dans les hôpitaux, la famille Keïta a aménagé des espaces pour la rééducation de ses patients, afin d’accélérer le processus de traitement. ‘’Ici, c’est pour les gens qui veulent s’exercer, ça leur permet de se tenir debout et de marcher sans aucune assistance’’, souligne l’un des membres de la famille.
Malgré leur désire d’aider leurs semblables, Issiaka Keïta et sa famille, tous rompus à la tâche, sont confrontés à pas mal de difficultés, notamment le manque de logement pour héberger tous ces nombreux malades et le problème d’accès à l’eau potable. Pour faute de logement, plusieurs de ces malades sont contraints de passer les nuits à la belle étoile.
‘’Nous avons un problème d’hébergement, comme vous les voyez installés de cette façon, il n’y a pas de places, ils souffrent beaucoup, surtout pendant la saison pluvieuse. Aussi, le problème de l’eau. Si on pouvait avoir des appuis dans ce sens, ça nous ferait plaisir. D’ailleurs, je remercie beaucoup tous les habitants de ce village, à ce niveau, il n’y a aucune concession ici où il n’y a pas d’étranger’’, a-t-il déclaré.

Amadou Thiam, originaire de Dinguiraye, est l’un des nombreux malades qui bénéficient des soins d’Issiaka. Il ne tari pas d’éloges à l’endroit de son guérisseur et témoigne. ‘’Je souffrais terriblement, j’avais un problème au niveau de mon dos, un ami m’a parlé de ce tradi-praticien dans un petit village non loin de Kankan. C’est ainsi que je suis venu ici. Et quand je suis arrivé, il m’a dit mon ami, je peux te traiter mais pas dans la précipitation, si tu es pressé, alors il faut te retourner, je lui ai dit que je peux attendre durant tout le temps qu’il faudra. Quand je venais, je ne pouvais rien faire de moi-même, je mangeais coucher, priais coucher. Mais aujourd’hui, je marche à l’aide d’une béquille, même hier, moi j’étais à Kankan. S’il y a quelqu’un a aidé aujourd’hui, c’est lui, et pour cela, je prie Dieu que cet appel tombe des oreilles sensibles’’, a-t-il formulé.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 628 950 275.
