Depuis l’annonce du chef de la junte de l’installation des délégations spéciales dans le premier trimestre de 2024, les réactions s’enchaînent dans la classe politique guinéenne. Le samedi 10 février dernier, lors de l’assemblée générale de l’Union des Forces Républicaines, ce sujet était encore au centre des débats.
Selon Mouctar Kalissa, secrétaire général adjoint du conseil national des jeunes de l’UFR, l’installation des délégations spéciales est une bonne chose, mais, dit-il, pour un gouvernement démocratiquement élu.
‘’Si un gouvernement vient d’être élu et le mandat de ses conseillers communaux vient de finir, on peut organiser une autre élection, ou si on n’a pas les moyens, on peut mettre une délégation spéciale en place. Mais on ne peut pas se permettre ici en tant que gouvernement de transition, de mettre des délégations spéciales en place et dont même ces gens-là, vous ne les connaissez même pas. Et en principe, les délégations spéciales doivent venir des partis politiques, parce que la transition c’est la politique. Toute transition qui n’est pas liée à la politique, est une transition qui est vouée à l’échec. Et c’est c’est ce chemin-là que la Guinée est en train de traverser aujourd’hui, c’est un triste constat’’, a-t-il indiqué.
Dans sa communication, il a déclaré que pour l’organisation d’une élection, les moyens sont indispensables. ‘’Et aujourd’hui, on n’a pas les moyens, on a vu le ministre de l’administration du territoire qui s’est mis à dire qu’ils ont besoin d’aide financière pour organiser les élections. Mais les bailleurs de fonds ne peuvent pas venir vous aider pendant que les grands leaders vous les chasser, pendant que les libertés sont restreintes, pendant que les leaders d’opinion sont arrêtés arbitrairement, les bailleurs ne viendront pas. Ils auront peur de vous, ils diront que c’est la dictature qui règne dans notre pays, c’est ça le gros problème de notre pays’’, a-t-il affirmé.
Par ailleurs, il n’a pas manqué d’ajouter ceci : ‘’Il ne nous reste que 10 mois. En 10 mois, qu’est-ce qu’ils peuvent mettre en place. Moi, je crois qu’ils ne pourront pas, parce qu’il y a l’enrôlement qui nous attend, et ça demande 3 mois, et les trois mois soustraits dans les 10 mois, il restera 7 mois. Et dans les 7 mois-là, il faut que les partis politiques se préparent pour les campagnes ; et les campagnes doivent prendre de 1 à 2 mois et appeler les gens à aller aux urnes, ça sera intenable. Mais le plus marrant dans tout ça, le général Mamadi Doumbouya n’en parle pas dans toutes ces déclarations, il ne fait même pas allusion aux élections, c’est nous qui en parlons. C’est dans sa qu’on a vu venir le 3ème mandat du Pr. Alpha Condé, qui avait donné sa langue à des personnes. Donc, le Général Mamadi Doumbouya prépare une continuité pour être au pouvoir, c’est ça la vérité’’, a-t-il accusé.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
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