Après plusieurs semaines de manifestation, réclamant leurs arriérés de salaire, les enseignants contractuels réussissaient enfin à avoir un accord en octobre 2023 avec le gouvernement, grâce à la médiation de l’intersyndicale et le patronat. Le 27 octobre dernier, était la date de signature du protocole d’accord, lequel protocole, garantissait l’intégration à la fonction publique des enseignants contractuels. En échange, ils se sont engagés à renoncer à leurs arriérés de salaire et de primes.
Malheureusement, cela n’aura pas aidé les pauvres enseignants à sortir de la précarité. Depuis la signature de cet accord, presque rien n’a changé pour ces derniers. Alsény Mabinty Camara, coordinateur national des enseignants contractuels de Guinée déplore le non-respect des engagements de départ pris par le gouvernement.
‘’Il y a un protocole qui a été signé à la date du 27 octobre 2023. Il était prévu l’engagement à la fonction publique des enseignants contractuels à partir du 31 décembre 2023. Mais très malheureusement, cette date n’a pas été respectée par les autorités en charge du dossier. Donc, janvier qui était le premier mois prévu pour être payé, est passé et on n’a vu aucun franc payé aux enseignants contractuels comme par le passé.
Nous avons renoncé à nos arriérés de salaire et de primes au profit de notre intégration à la fonction publique courant l’année 2023. Mais malgré le renoncement de nos arriérés de salaire et de primes, jusqu’à présent, rien n’a été fait. Nous, nous avons respecté notre part de contrat et jusqu’à maintenant, aucun franc n’a été payé aux enseignants contractuels comme salaire du nouveau contrat au compte de l’année 2023/2024’’, a-t-il à un journaliste de notre rédaction.
Poursuivant, le coordinateur national des enseignants contractuels soutient que seule la moitié du contenu dudit protocole a été réalisée.
‘’Les activités prévues dans le protocole d’accord signé entre les représentants du gouvernement, l’intersyndicale et la coordination nationale des enseignants contractuels de Guinée, n’ont été respectées qu’en partie. C’est-à-dire, l’identification des enseignants contractuels, le paiement de la prime d’accompagnement. Après ça, il était prévu de procéder à la biométrie, à l’organisation du concours en pratique de classe ; et suite à cela, les numéros de matricule vont être attribués pour qu’à partir du mois de janvier 2024, les enseignants contractuels puissent être engagés à la fonction publique. Mais très malheureusement, sur toutes ces activités, il n’y a eu que deux qui ont été réalisées.
En ce qui concerne la biométrie, elle n’est pas encore faite, en ce qui concerne l’attribution des numéros de matricule aux enseignants contractuels, elle est annoncée mais elle n’a pas encore vue jour et en ce qui concerne le concours, c’est programmé, mais jusqu’à présent, on ne voit aucune visibilité pour penser à l’organisation du concours en pratique de classe’’, a-t-il déploré.
Il faut rappeler que le mouvement syndical guinéen menace de déclencher une grève générale et illimitée dans les prochains jours. La coordination des enseignants contractuels promet d’accompagner le mouvement dans son combat.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
