Dans son adresse à la nation à la veille du nouvel an, le président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya a annoncé la mise en place des délégations spéciales, dans le premier trimestre de 2024. Ce pan du discours du Chef de l’État fait des grincements de dents dans le paysage politique et social du pays.
Si certains approuvent la démarche du Colonel Mamadi Doumbouya, d’autres y voient une volonté de confisquer le pouvoir. C’est le cas de Dr. Édouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP et vice-président de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD).
‘’Personne n’est quand-même étranger au fait que les délégations spéciales seront composées par l’exécutif. Or, nous savons tous dans ce pays, tout ce que l’exécutif fait au niveau de nos populations dans les zones rurales. C’est de leur dire tout ce qui les plaît. Nous pensons qu’on aura plutôt mis l’accent sur la mise en place des structures qu’il faut pour que les élections aient lieu. Si les élections ont lieu, on n’engagera pas un processus démocratique bancal. On dit que c’est l’administration qui nomme les délégations spéciales au niveau des communes et même dans les districts. Ça veut dire que c’est pour pouvoir militariser. Or, dans la militarisation, disons clairement qu’on respecte la hiérarchie. C’est une chose de dire que l’autorité militaire ne sera pas candidate à un poste électif, mais ce qui est certain, elles peuvent agir en supportant un candidat par exemple qui exercera le pouvoir par procuration’’, a déclaré le vice-président de l’ANAD chez nos confrères d’Espace FM ce mercredi 3 janvier 2024.
Mieux, Dr. Édouard Zoutomou pense également que si on nomme les délégations spéciales, elles auront l’obligation d’obéir aux ordres de l’exécutif. Toute chose qui ne garantira pas la transparence des élections à venir.
‘’Nous, nous pensons que puisque c’est un processus démocratique qu’on veut implémenter, il faut faire en sorte que tout le monde soit élu. S’ils sont élus, ils savent qu’ils ont un mandat. Après ce mandat, ils s’en vont. Nous savons tous que puisque les délégations spéciales seront nommés par les autorités, ils auront une obligation de redevabilité à ces autorités. Par conséquent, tout ce qu’elles vont dire, c’est ce qui va être fait. Nous voulons que le processus soit transparent et la meilleure façon d’assurer la transparence, c’est de permettre au peuple de choisir. Quand le peuple choisit, personne ne s’y opposera. Nous, nous pensons que si on nomme les délégations spéciales, elles seront obligées d’exécuter les ordres qu’on leur donnera, et sous alors la surveillance d’un processus électoral, il y aura leur implication’’, a-t-il observé.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
