500 millions de francs guinéens, c’est le montant proposé par le ministre de la justice et des droits de l’homme, à quiconque qui fournira des informations fiables permettant de localiser le désormais fugitif Colonel Claude Pivi.
Depuis cette annonce, les commentaires vont bon train à travers tout le pays. Ainsi, ce dimanche, quelques citoyens que nous avons fait réagir dans la commune urbaine de Mamou, ont chacun apprécié en sa manière, cette décision du Garde des Sceaux. Alhassane Sow, vendeur de pièces détachées trouve normal cette action.
‘’Vous savez, moi dans ce pays, il faut qu’on s’accepte et se dire aussi la vérité, surtout la vérité. Ce que les autorités ont pris comme disposition, normalement, on doit les aider pour que Pivi soit ramené à la maison centrale, puisque les autres sont là-bas. Ils n’ont pas dire à la population d’aller chercher Pivi. Ils ont dit que si tu sais où tu doutes qu’il se trouve dans un endroit, de leur donner les informations pour qu’on l’arrête. Et donner ces informations là aussi tu ne le fais pas gratuitement, on te donne 500 millions comme récompense parce que tu as aidé. Alors moi, je me demande pourquoi les gens veulent prendre ça comme un crime. On sait tous que Claude Pivi à part cette situation, son nom se trouve parmi les militaires qui sont partis au stade le 28 septembre 2009. En tout cas, moi même là où je suis assis, si je connais où il se trouve, je vais informer les autorités. Je ne le ferai pas à cause de l’argent, mais pour aider la justice de bien faire son travail’’, a-t-il laissé entendre.
Quant à Mohamed Samoura, un autre citoyen croisé en plein centre ville de Mamou, ‘’si un des détenus a pris la fuite dans la maison centrale de Mamou, ça, il n’y a pas de débat autour de ça. Et c’est aussi insultant à mon avis de dire aux citoyens de donner l’information sur la position de Pivi. Charles Wright est le ministre de la justice et garde des sceaux. Et c’est pas pour rien qu’on lui dit garde des sceaux. C’est que toutes les maisons de détentions de l’État guinéen c’est à lui de veiller très bien. Mais si d’abord la maison centrale que son département doit sécuriser plus que même les autres prison en Guinée, il laisse une sécurité qui ne joue pas pleinement son rôle, ça, c’est lui seul qui doit rendre compte. Moi ceux qui ont perdu la vie ce jour-là, c’est ces personnes que moi je pleure. Mais 500 millions pour donner des informations sur Pivi, je m’en fout ! Ils ont des services de renseignement, ceux-ci n’ont qu’à partir chercher Pivi, c’est simple que de mêler les citoyens à ça’’, a-t-il dit.
Kadiatou Sall, une vendeuse au marché avaria de Mamou, n’est pas restée sans mot elle aussi sur cette mise à prix de la tête du Colonel Claude Pivi, radié des effectifs de l’armée par le président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya.
‘’Nous mon frère, ce qui nous préoccupe chaque jour dans ce pays, c’est comment nourrir nos enfants. Moi je ne vais pas me lancer à la poursuite d’un fugitif comme Pivi, ni informer où il se trouve. Parce que lui il est parti comme ça. S’il a réussi à s’évader de la prison, ça veut dire qu’il avait déjà préparé très bien là où il doit aller se cacher. Au lieu de proposer 500 millions banalement comme ça, ils n’ont qu’à venir arranger notre marché là’’, s’est-elle exprimée.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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