Le marché de Matoto est l’un des plus grands de la capitale Conakry. Les femmes qui y exercent le petit commerce, surmontent d’énormes difficultés. Ceci dit, elles vaquent à leurs activités tous les jours sans arrière-pensée.

La souffrance de ces femmes vendeuses dans le marché Matoto débute très tôt, quand il est 2 heures du matin. Contrairement à d’autres, se lever à pareille heure de la nuit, est devenue une habitude pour ces nombreuses femmes dudit marché, qui vendent le plus souvent des produits frais, des légumes, des fruits ou d’autres produits pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Ces femmes doivent généralement quitter leur domicile bien avant l’aube pour arriver sur le marché à temps. Cela signifie qu’elles ont souvent très peu de temps pour se reposer, pour prendre soin de leur petite famille ou pour s’occuper d’elles-mêmes.
Une fois sur le marché, elles doivent faire face à des conditions de travail très précaires. Bon nombre parmi elles, en revendant leurs marchandises, sont exposées en bordure du bitume, sans défense, à toutes formes d’attaque et d’insécurité. Elles sont le plus souvent victimes de vol, la plupart du temps commis par des jeunes apprentis de la gare routière se trouvant juste à côté de ce marché.

Mieux, ces femmes portent également au quotidien des charges lourdes, faire acheminer leurs produits sur de longues distances, et le plus marquant dans tout ça, c’est qu’en plus de passer de longues heures débout sur le trottoir, elles sont obligées de courir et de batailler comme des folles, avant d’espérer avoir une place dans un véhicule de transport.
Tous ces calvaires selon certains analystes, peuvent avoir des conséquences néfastes sur leur santé physique et mentale. Interrogée sous couvert d’anonymat dans les bandes de 3 heures du matin, une vendeuse de légumes dudit marché a laissé entendre qu’elles doivent rivaliser chaque jour pour attirer les clients.
‘’La plupart parmi nous, les femmes de ce marché, nos maris ne travaillent pas. Il y a aussi des veuves parmi nous, donc, pratiquement toutes les charges nous reviennent. Parfois même, on peut passer toute une journée, voire plusieurs jours, sans rentrer en contact avec nos familles respectives. En vérité, toute notre vie est maintenant consacrée au marché’’, a-t-elle souligné.
À noter que la souffrance de ces femmes vendeuses sur les marchés qui débute dès 2 heures du matin, est une réalité trop souvent ignorée par les autorités et les pouvoirs publics. Ces femmes font face à des défis importants, tant sur le plan physique que financier.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.