Qui est pris qui croyait prendre, tel est la tournure des événements traumatisants que subit le général Aboudrahmane Tchiani qui a pensé qu’il suffisait d’utiliser la force de son arme contre Mohamed Bazoum , drapé dans sa légitimité populaire , pour qu’il soit célébré en héros comme ses pâles devanciers putschistes. La magie n’a pas opéré , cette fois, comme pour d’autres coups d’Etats arrivés plus tôt dans d’autres pays, désespérés, au point d’appeler à l’aide l’Armée, jamais, une alternative aux élites civiles et à la Démocratie.
Dans son mimétisme sauvage, le quidam Tchiani qui lorgne depuis toujours le pouvoir qu’il n’a pas la moindre aptitude à exercer , a voulu profiter de ‘ l’épidémie ‘’ des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest pour perpétrer le sien , mal venu et inopportun. S’il a réussi le mauvais exploit de retenir en otage, l’élu du peuple nigérien, jusqu’aujourd’hui, il n’arrive pas à s’approprier l’Etat ni à s’installer au pouvoir. Le président Mohamed Bazoum n’a rien perdu de son honneur et de sa superbe, bien au contraire, il a renforcé sa légitimité et sa côte de confiance. En revanche, le conjuré Tchiani a tout perdu : sa dignité d’officier, le respect de ses compatriotes, l’estime de la communauté internationale. Il subit les effets boomerang de son aventurisme et de son inconséquence. Le coup fatal contre lui peut être porté par son propre camp qui sait désormais qu’il veut causer la perte de tous ou viendra de la communauté internationale, exaspérée, par ses actes de bravades, révoltée par le mauvais traitement infligé à un Chef d’Etat digne et respectable, surtout alarmée par la détresse inouïe du peuple nigérien.
Le sieur Tchiani a plus de soucis à se faire, pris à son propre piège, livré à tous les périls que son illustre otage qui dort du sommeil du juste , bien sûr , troublé par la frustration légitime qu’il éprouve face au naufrage du pays qu’il chérit, l’indignation de voir le peuple qui l’a porté au pouvoir broyer du noir, malmené, humilié, traîné dans la boue.
Le dernier des putschistes Tchiani mène la vie aléatoire de fugitif dont la tête est mise à prix , qui a peur de sa propre ombre , au moment où le président Mohamed Bazoum , séquestré et privé de ses droits par lui, sait qu’il sert de bouclier à un officier traqué de toutes parts de même qu’il est un rempart pour le peuple nigérien, à bout de souffle. Finalement, il est la meilleure solution ainsi que le recours ultime pour ses amis et ses ennemis, les uns, enclins à la résistance, les autres confrontés à la survie.
Le Problème est venu de l’aventurier Tchiani, la solution viendra de Mohamed Bazoum, politique habile et homme d’Etat accompli. L’un doit reculer, l’autre est capable de pardonner.
Docteur Mohamed Camara