Le dossier nigérien est encore et toujours dans toutes les têtes. S’il y a moins de bruits que pendant les premières heures chaudes, c’est pour favoriser le recul et la sérénité nécessaires à une solution pacifique, indispensables à une sortie de crise, sans la moindre effusion de sang. Les dirigeants de la CEDEAO n’ont pas voulu paraître jusqu’aux-boutistes , la communauté internationale s’est gardée de se précipiter à faire la guerre. Cependant, la veillée d’armes, se poursuit, de plus belle. Lentement mais sûrement. La junte le sait, car tous les signaux de l’imminence d’une intervention militaire sont là, même si elle persiste dans l’illusion que le temps lui profitera, qu’elle pourrait avoir le dernier mot dans la guerre des nerfs.
De peur d’être cueillie à froid, elle va vite en besogne, en procédant à un déploiement massif de troupes tout le long des frontières avec le Benin et le Nigéria au détriment des lignes de front, désertées, littéralement. La conservation d’un pouvoir usurpé est privilégiée à la défense de l’intégrité du territoire national et à la protection des Nigériens. Quel ordre de priorités, quel sens élevé de la responsabilité, quelle idée du devoir patriotique !
Au même moment, l’Assemblée de Transition du Burkina vient d’autoriser l’envoi de contingents burkinabè au Niger dans le cadre du pacte de solidarité scellé entre trois États déliquescents, au bord du précipice et au nom de la fraternité d’armes putschiste, surtout, pour les besoins d’une propagande dont la magie éprouvée n’opère plus.
Le Burkina se dit en phase de préparation et déclare préférer en rester là, en brandissant cependant la menace d’entrer en guerre aux côtés du Niger , si jamais les armées de la CEDEAO pénètrent sur le territoire nigérien. Un pays à terre qui voudrait aider un pays à genoux à se tenir debout : une absurdité putschiste de plus !
En tout cas, la communauté internationale ne fait pas attention aux gesticulations puériles de putschistes, en perte de vitesse, ni se montre émue par les fanfaronnades lassantes d’Armées , en déroute qui accumulent les revers, subissent des humiliations quotidiennes face à de groupes armés, moins farouches que les unités mobilisées par la CEDEAO.
Le président américain, Jo Biden, à La Tribune des Nations-Unies, s’est élevé, solennellement, contre le renversement des régimes démocratiques et la destitution de Présidents élus. De même, il a réaffirmé la fermeté de son pays face à la loi des armes, la dictature kaki, tout comme il a renouvelé le soutien indéfectible de son pays aux initiatives et actions envisagées par la CEDEAO. Un message fort et sans ambiguïté à l’endroit des usurpateurs de tout poil.
Même son de cloche chez le chef de la diplomatie européenne. Joseph Borel a exprimé son soutien à la France dont l’ambassadeur au Niger est assiégé et séquestré. Il a aussi salué le courage du Président Mohamed Bazoum qui vit dans une résidence où l’électricité est arbitrairement coupée, l’eau courante manque . Malgré le mauvais traitement qui lui est injustement infligé, il reste digne et respectueux de son mandat, en refusant de rendre le tablier, comme l’exigent ses vulgaires geôliers. La voix de la diplomatie européenne a pressé les putschistes à restaurer l’ordre constitutionnel et à rétablir Mohamed Bazoum dans ses fonctions sans préalables ni conditions.
Les sourds du CNSP qui ne veulent pas entendre les appels à la raison, continuent de louvoyer, risquent de finir tous au bout d’un canon.
Le pouvoir sera repris comme il a été pris : par la force et les armes. Ce ne sera qu’un juste retour des choses.
Docteur Mohamed Camara
