Il ne faut jamais se fier aux apparences, réputées trompeuses, croire aux hommes sur parole, tant ils peuvent se montrer minables et versatiles. D’une part, la réalité ,rattrape toujours dans le temps, de l’autre, l’enfer est pavé de bonnes intentions , le genre humain, étant réfractaire à joindre l’acte à la parole.
Il y a ce que l’on dit , puis il y a ce que l’on fait, il y a ce que l’on pense, il y a ce que l’on voudrait que les autres retiennent et gobent.
Le général Brice Oligu Nguema qui vient de renverser au Gabon, son cousin Ali Bongo,, qui aura réussi ainsi à mettre fin à un régime qui l’a façonné, qu’il a servi longtemps avec dévouement et détermination , a révélé un secret d’Alcôve , tiré de ses lectures de Machiavel : ‘ Pour faire tomber un système, il faut en faire partie et le miner de l’intérieur’’
D’autres, parleront de ‘ baiser de la mort’’ pour pointer le comportement hypocrite de personnes qui se retournent contre leurs bienfaiteurs et mentors. Au Mali, en Guinée, au Burkina, au Niger et maintenant au Gabon, la déchéance des Chefs d’Etat est l’œuvre de leur entourage proche, de leurs hommes de confiance.
Cette duplicité dans les arcanes du pouvoir, les pactes d’honneur et de sang, continue de faire recette , fait de plus en plus d’émules et suscite des vocations putschistes avec des ramifications dans la société surtout dans les rangs de politiques démoniaques, obnubilés par leurs agendas cachés. C’est peut-être, dans cette voie de tortuosité politique et de sournoiserie humaine que Hama Amadou, s’est engagé en distrayant la junte nigérienne avec un discours rassurant pour elle tout en planifiant son éviction du pouvoir qu’il convoite. Ce n’est pas en s’opposant aux mutins ou en leur faisant peur qu’il pourrait les manipuler, à défaut , les diviser. Au sein du CNSP, clanique et bigarrée, il y a des officiers issus de sa communauté qui seraient naturellement acquis à sa cause , à ses yeux, capables de reprendre le pouvoir pour le lui remettre sur un plateau d’or. Hama Amadou a toujours fait de la politique en s’appuyant sur l’appareil de son parti, son électorat captif , en comptant surtout sur des relais dans l’armée dans une logique sectaire comme lui. On ne peut donc attendre d’un homme dont l’ambition présidentielle se trouve au bout d’un fusil qu’il se démarque de militaires qui désertent les casernes pour le champ politique. Comme certains politiques sont dans l’ombre des militaires, ceux-ci aussi bénéficient de la couverture d’opportunistes politiques pour lesquels comme le président du parti lumana , la fin justifie les moyens, pour accéder au pouvoir en Afrique, il faut avoir des bidasses à sa solde.
Hama Amadou fait partie de cette canaille politique qui n’a que le pouvoir comme objectif, quitte à vendre son âme au diable. Il a manqué l’occasion de se taire , lui, qui semblait se terrer dans le silence face à la forfaiture du général Aboudrahmane Tchiani. Ayant le péché de la malédiction chevillé au corps, il n’a pas résisté à la tentation morbide de justifier l’injustifiable, de faire l’apologie du crime contre l’Etat et ses institutions, de se féliciter qu’un Président, démocratiquement élu, soit séquestré dans son palais, soit l’otage de militaires apatrides qui ont l’arme pointée sur lui depuis un mois maintenant.
Il sort donc du bois, pour se suicider, politiquement, à la face du monde démocratique et des chantres de la bonne pratique politique. Il cautionne le canular Algérien d’une transition improbable qui exclut le Président Mohamed Bazoum , l’élu du peuple et disqualifie les putschistes qui ne partiront que s’ils n’ont pas le choix, comme on le voit chaque jour.
Hama Amadou qui, toute sa vie durant a brillé par ses mauvais choix et calculs politiques étriqués et aussi par ses liaisons dangereuses, est devenu la risée publique. Rien d’étonnant, parce qu’il est de notoriété publique que c’est un perdant chronique , un passionné des causes perdues et de toutes sortes d’intrigues. Comme il fallait s’y attendre, abordant le chapitre des sanctions de la CEDEAO, il est tombé dans le travers de se révolter contre les effets au lieu de s’indigner de la cause qui n’est autre que la velléité de conjurés utopistes de défier la communauté internationale et d’agenouiller le peuple nigérien. Plaire au bourreau en se moquant de sa victime est l’acte de vilénie posé par un politique , en perte de vitesse et de repères, que la haine et les rancœurs ont déshumanisé et diabolisé. Hama Amadou pousse le cynisme et la bêtise si loin qu’il a franchi un palier , de trop : un procès en sorcellerie contre la France, sa terre d’asile, qu’il qualifie de belliciste, qui l’a pourtant reçu et protégé, malgré toutes les charges contre lui. Le genre de comportement qui décourage l’hospitalité et explique la stigmatisation des étrangers dans leurs pays d’accueil contre lesquels ils se retournent trop souvent et pour rien.
Qui pourrait faire confiance à un homme , insensible aux cris de cœur de ses compatriotes qu’il prétend gouverner, déloyal envers ses hôtes ? Que peut-on attendre ou espérer d’un soutien déclaré d’une junte hostile à la Démocratie, ennemie de son peuple ?
Dieu saura reconnaître les siens, le peuple n’est pas dupe et le moment venu soldera ses comptes avec ceux qui l’ont trahi et continuent d’abuser de lui. Les masques sont tombés , définitivement !
Docteur Mohamed Camara
