Qu’un ministre viole la loi, c’est très grave. Qu’il l’ignore, c’est encore plus grave.
Les fonctions principales de l’armée sont la défense de l’intégrité du territoire et l’intervention, au-delà des frontières, au service d’une politique extérieure.
Sa fonction ne peut être – comme l’a requis le ministre dans le courrier ci-dessous – « le maintien et le redressement de l’ordre », lesquels reviennent à la police et à la gendarmerie, sauf état de siège – qui ne peut être déclaré (par décret en conseil des ministres) qu’en cas de péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée. Les militaires peuvent également être sollicités pour soutenir les autorités civiles lors de catastrophes naturelles ou de menace terroriste. Mais ils n’ont pas vocation à remplacer ou appuyer les forces de l’ordre, sauf situation très particulière, notamment les cas susmentionnés…
Par ailleurs, la dissolution du FNDC et l’interdiction des manifestations en Guinée sont en contradiction avec la Charte de la Transition rédigée par le CNRD et promulguée par son président.
La Charte dispose :
Article 34 : La liberté d’ASSOCIATION, de RÉUNION, de presse et de publication sont garanties. La loi détermine les conditions de leur exercice.
La Charte dit bien « liberté d’association », « liberté de réunion » « garanties». Or le FNDC est une association et une manifestation est une réunion. Donc, la dissolution et l’interdiction sont en porte-à-faux avec la Charte…
Comment croire, comme promis, juré, craché, que le pouvoir sera rendu aux civils d’ici au 31 décembre 2024 (après 3 ans et 4 mois de Transition forcée!!!), sachant que plusieurs promesses qui avaient suscité un grand espoir dans le peuple guinéen n’ont pas été tenues, et notamment le non-recyclage, la justice-boussole, le respect des libertés fondamentales, les concertations nationales inclusives, la non-répétition des erreurs du passé, parmi lesquelles la violence d’État… ?
Trompeur un jour, trompeur toujours !
Comment croire que le président de la Transition ne s’arrangera pas, par un tour de passe-passe constitutionnel ou par un artifice juridique quelconque, pour être candidat à la prochaine élection présidentielle et la remporter haut la main, d’autant qu’il a arbitrairement attribué, et sans doute à dessein, toutes les prérogatives de la Céni à un ministre très proche de lui (celui dont il est justement question ici), ramenant ainsi la Guinée au temps du ministre de l’Intérieur René Gomez et de ses successeurs qui organisaient toutes les élections nationales alors même qu’ils étaient nommés par le président de la république d’alors et, par conséquent, inféodés à lui ?
El. Béchir.
