Plus de suspens, c’est désormais clair. Les anciens dignitaires du régime déchu, à leur tête l’ex Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, seront bientôt devant un juge, pour être situés sur leur sort. L’annonce a été faite ce lundi 06 février 2023, dans la soirée, par le procureur spécial, près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières.
Selon Aly Touré, qui s’exprimait dans le JT de la télévision nationale, après les investigations poussées, la chambre a abouti au règlement définitif de cette affaire, en entreprenant les 30 et 31 Janvier 2023, des ordonnances de renvoi, devant la chambre de jugement de la CRIEF.
“Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire que, la chambre, après avoir vérifié les dossiers, les charges qui pèsent contre les différents inculpés, la chambre a jugé nécessaire que ce sont des personnes qui méritent d’être jugées devant la chambre de jugement, pour les faits de détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Donc, dans les jours à venir, ces audiences vont s’ouvrir à la CRIEF”, a annoncé l’empereur des poursuites près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières.
Alors que les avocats de Dr Kassory Fofana, Dr Diané et Cie, ont exprimé le week-end dernier, leur opposition à l’ouverture du procès, tant que la Cour suprême ne rend pas sa décision sur la demande de mise en liberté qu’elle a introduite auprès de cette haute juridiction du pays, le Procureur Aly Touré apporté des précisions de taille.
‘’Il faut distinguer les deux procédures. La procédure qui est pendante devant la cour suprême est une procédure de forme au niveau du jugement de la liberté. Ça ne touche pas le fond. C’est la gestion de la détention qui est déférée devant la Cour suprême. L’appel qu’ils (avocats) ont interjeté des ordonnances, c’est un appel sans objet. Parce que la loi dit qu’ils n’ont aucun droit. Qu’ils n’ont pas le droit de faire appel des ordonnances de clôture’’, tranche le magistrat.
Néanmoins, la défense de Dr Kassory Fofana et Cie entendent user de tous les moyens légaux, pour exiger la tenue d’un procès juste et équitable en faveur de leurs clients.
‘’Tous les instruments qui protègent nos clients doivent être mis en œuvre et c’est résumé par l’organisation d’un procès juste et équitable. Un procès juste et équitable, ce n’est pas seulement la phase de jugement, c’est depuis l’instruction à l’enquête préliminaire de la Gendarmerie, à la chambre de contrôle jusqu’à toute procédure à la Cour suprême. Le verre est dans le fruits, la phase de jugement est déjà vicieux par de nombreuses violations que la défense ne peut pas accepter, ni cautionner. Notre position d’aujourd’hui est claire, nous userons de toutes les voies légales pour empêcher la tenue de ce procès, qui serait un désastre judiciaire compte tenu des violations récurrentes des droits de l’homme. En tout cas, ne compter pas sur la défense de Kassory, pour cautionner un simulacre de procès qui n’a d’autres fins que d’empêcher, de priver nos clients de leurs droits civiques et politiques, c’est-à-dire, de participer aux éventuelles joutes électorales’’, a prévenu Me Mohamed Saïd Diang, lundi matin, chez nos confrères de FIM FM, dans l’émission »Mirador ».
A suivre…
Madiou BAH.
