Le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation en compagnie de trois de ses homologues a échangé avec les élus locaux sur les problèmes qui assaillent la délivrance des actes de naissance, l’occupation anarchique des emprises des voies publiques et la gestion du foncier au niveau des collectivités locales.
Dans un ton ferme, Mory Condé a dit ses quatre vérités aux maires et chefs de quartier des communes du Grand Conakry. Parlant du foncier, le ministre de l’Administration Territoire a fustigé le comportement des élus locaux dans la vente des domaines aux citoyens. Il a rappelé que la plupart des dossiers au devant des cours et tribunaux sont des dossiers liés au foncier.
“Aujourd’hui, quand vous faites le tour dans les tribunaux à Conakry, tribunal de Kaloum, de Dixinn et de Mafanco s’il y a 1000 dossiers, 980 dossiers sont liés au foncier bâti et non bâti. Lorsque vous vérifiez, il n’y a pas un seul dossier dans les cours et tribunaux là où un maire ou un conseiller communal n’a pas son nom dedans. Certains sont allés jusqu’à revendre des parcelles des citoyens, quand ça reste un an, deux ans, ils trouvent des clients pour les revendre après l’autre n’a que que ses yeux pour pleurer. La Guinée, c’est le seul pays où la pyramide est renversée. Dans les autres pays, ce sont les élus locaux qui s’érigent en défenseurs des citoyens, lorsqu’ils subissent des abus de la part des cadres de l’administration. Depuis 14 à 15 mois, je suis a la tête de ce département, je n’ai pas vu à l’administration du territoire et de la décentralisation, un membre d’un seul conseil communal n’est venu me dire que tel citoyen a été victime de telle chose. Aucun élu, personne mais c’est le contraire. Tous les jours des citoyens viennent se plaindre contre le chef de tel ou tel autre quartier”, a-t-il fustigé.
Par ailleurs, Mory Condé a demandé aux maires de faire la situation des domaines de l’État dans leurs différentes communes d’ici le 31 janvier prochain. Tout maire ou conseil communal qui va faillir à ça s’exposera à des sanctions.
“L’autre fois dernière, j’ai demandé de faire la situation des domaines de l’État dans vos différentes communes afin qu’on puisse récupérer ce qui est à l’État pour bâtir des infrastructures. Parce qu’on s’est rendu compte aujourd’hui, même si on a la volonté de faire des marchés pour nos mamans ou des écoles pour nos enfants, il n’y a pas où le faire parce que tous les domaines ont été vendus avec la complicité des élus locaux que vous êtes. J’ai dis à monsieur le maire de Kindia, à partir d’aujourd’hui, jusqu’au 31 janvier tous les maires de la Guinée vous nous sortez la liste de tous les domaines de l’État dans vos différentes communes. Le maire qui ne fera pas sera demis de ses fonctions, ça c’est clair. Pendant un an, on vous a parlé et le langage qu’il fallait pour qu’on puisse se comprendre”, a t-il prévenu.
Facinet Camara
