La question domaniale est l’un des problèmes les plus judiciarisés dans la localité. Profitant de sa première tournée de sensibilisation et d’écoute des citoyens de la Guinée profonde, le ministre de la Justice qui s’est entretenu avec les sages de la cité des agrumes, invite ces derniers à promouvoir l’Unité, la paix et la résolution des conflits domaniaux qui opposent les populations de Kindia.
D’entrée, Alphonse Charles Wright a situé le but de sa tournée avant de rassurer les citoyens que la justice, comme dit le Président de la transition reste la boussole de la transition.
“Comme vous le savez, le département de la Justice et celui-là qui est chargé de la conception de la politique du gouvernement en matière de l’Etat de Droit, des Droits de l’homme et en matière de justice. Cette première étape a été l’occasion pour nous de rencontrer les autorités coutumières en l’occurrence le grand Imam de Kindia, les différentes coordinations régionales pour réitérer la vision de monsieur le président de la transition, chef de l’Etat, chef suprême des armées, le Colonel Mamadi Doumbouya et de l’ensemble du gouvernement, dans le cadre de l’unité nationale, de la réconciliation de tous les guinéens. Comme il a eu à le dire au delà d’une simple expression, la justice étant la boussole, il faut venir écouter la population pour voir comment cette boussole se comporte dans les préfectures”, a-t-il lancé avant d’évoquer le problème du foncier et la responsabilité des notables dans la recherche de solutions.
“Mais ce qui est évocateur, ce qu’aujourd’hui c’est un véritable débat d’échange, un échange franc, direct, sincère que nous avons eu avec des sages. Les affaires domaniales est une préocupations pour le gouvernement, c’est une préocupation pour le département de la justice. Les services de la gendarmerie et de police doivent être en rapport avec les citoyens est aussi une préocupation. J’ai été claire la position des coordinations régionales doivent aller dans le sens de renforcer l’unité et la solidarité”, a rappelé Alphonse Charles Wright.
Après avoir écouté avec attention le Garde des Sceaux, le porte-parole des sages a soutenu les propos du premier responsable du département de la justice.

Pour Elhadj Sékou Koné, huissier de justice et vice-président de l’union manden, il est important de préciser qu’après la vente d’un terrain, il ne doit plus revenir aux fils ou aux petit-fils.
“Je me réjouis et je suis très heureux sincèrement de ce que le ministre a dit devant le peuple de Kindia. Le problème domanial est un problème crucial qui a toujours existé. A Kindia ici, puis que je viens d’être huissier de justice, j’ai une remarque fondamentale sur le problème particulièrement les domaines de Kindia. Pour moi, il n’y a plus de propriétaire terrien. Les anciens, je veux dire les grand-pères sont décédés, ce sont les fils ou les petit-fils qui sont en train de vendre les terrains. Le ministre a dit quelque chose de très importante, quand il dit que si un papa vend un bien quelconque et que après lui même après un(1) an, le fils n’a plus le droit de revendiquer ça c’est un fait important dans la gestion domaniale de Kindia.
En suite, si vous achetez un terrain avec un héritier alors qu’il y a trois quatre ou cinq enfants derrière vous avez fait un mauvais marché. Et ces problèmes, il faut les étudier, peut être, les sages pourront nous apprendre quelque chose mais nous (sages ndlr) aussi, nous avons le droit de vérifier en profondeur avant que le tribunal ne se prononce. Et nous pensons qu’un problème devant le tribunal, si le président apprécie la possibilité de faire une médiation par les sages ceci n’est pas un problème. Mais en réalité,si les sages ne sont pas d’accord, ils viennent au tribunal et le tribunal doit prendre la décision. C’est un problème important et à Kindia c’est la même chose. On paie une fois, on paie mal et tu es obligé de payer deux fois”, mentionne ce sage de la ville des agrumes.

Moussa Rama depuis Kindia, pour Lerevelateur224.com
