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CMC de Ratoma: Un enfant de 08 mois perd la vie, son père pointe du doigt le dédain des médecins et annonce une plainte

14 janvier 2023

 

La négligence, l’indifférence et le dédain des médecins dans les différentes structures sanitaires du pays à l’encontre des patients  continuent de faire des victimes.

Un citoyen du nom de Amadou Diallo, électricien de profession vient de faire les frais de ces attitudes des professionnels de la santé CMC de Ratoma qui violent l’éthique et la déontologie médicale avec le décès de son bébé de huit (08) mois.

Dans l’émission On refait le monde de ce vendredi, 13 janvier de Djoma TV, le papa de la victime a expliqué que son bébé est décédé par suite de négligence et d’insouciance de la part des médecins dudit CMC.

Selon lui, dans la nuit du samedi 12 décembre 2022, il a constaté une forte fièvre chez l’enfant qui enregistrait sa poussée dentaire. Séance tenante, ils ont transporté l’enfant au CMC de Ratoma pour des soins. Là, la stagiaire en garde du jour qui s’est occupée de l’enfant lui aurait administré des injections qui ont aggravé la dégradation de l’état de santé de son enfant.

 

“Le 12 décembre après le travail, je suis rentré à la maison, mon enfant faisait la dentition (poussée dentaire), c’est-à-dire les quatre dents sortaient à la fois. J’ai trouvé que son corps est un peu chaud, j’ai dis à Madame qu’on ne peut pas garder l’enfant à la maison d’aller à l’hôpital. Donc on l’a envoyé à l’hôpital au Centre médical communal de Ratoma. J’ai trouvé un médecin je lui ai expliqué que je viens de rentrer la nuit là mais j’ai trouvé que le corps de mon enfant est un peu chaud. Je voudrais que vous nous donnez des médicaments, ce qu’il va prendre pour ne pas qu’il souffre, il fait la dentition. Il a dit OK, il n’y a pas de problème. Il a écrit un papier il a dit que c’est 180.000GNF mais en ce moment je n’avais que 120.000GNF sur moi. Donc j’ai pris les 120.000 là je lui ai donné, il a appelé une fille stagiaire, celle-là est venue, il lui a dit il faut prendre l’enfant là, tu vas faire un traitement pour lui. Donc on est parti dans un local, la fille a injecté un produit, après je l’ai vu injecter un autre produit blanc comme ça. J’ai dis madame, le produit blanc là, on ne mélange pas ça, elle a dit Non, Non, il n’y a pas de problème après elle a enlevé. Quand elle a enlevé, la partie là s’est enflé tout de suite, elle a frotté plusieurs fois. Elle voulait encore remettre l’injection mais là les veines sont parties, elle ne voyait plus les veines. Donc elle a commencé à chercher les veines, elle a piqué l’enfant plus de 15 fois, moi j’ai dis non madame c’est bon, l’enfant criait beaucoup. Elle même a vu qu’elle ne peut pas, elle a réveillé une de ses copines qui était couchée à côté de nous, là où on était. Celle-là est venue, elle a piqué deux fois, pour moi elle ne voyait pas bien, j’ai allumé la lampe de mon téléphone. Elle m’a dit après ah nous on n’a pas vu les veines, j’ai dis maintenant il faut arrêter. Je suis parti voir le monsieur qui me les a recommandées, je lui ai dis mon frère comme c’est vous le professionnel s’il vous plaît déplacez vous pour venir s’occuper de mon enfant. Il n’a pas bougé de là où il était assis, il m’a dit OK si elles ne peuvent pas, il faut venir avec l’enfant ici. J’ai repris mon enfant on est venus vers lui. Il a fait l’ordonnance, il m’a dit va payer l’ordonnance là, tu payes l’eau pour lui donner. Je suis parti à la pharmacie j’ai payé les médicaments, je suis revenu on est parti à la maison”, explique t-il avant de poursuivre:

 

“Dimanche en sortant, j’ai dis à madame de continuer à donner les médicaments à l’enfant. La nuit quand je suis revenu, j’ai demandé à madame comment va l’enfant, elle a dit que l’enfant vomit maintenant beaucoup. J’ai dis à madame de continuer à lui donner les médicaments. Lundi quand je suis revenu du travail, j’ai trouvé que mon enfant est dans un état critique. J’ai dis à madame prend l’enfant on va à l’hôpital, arrivés à l’hôpital, au CMC de Ratoma, on a trouvé les médecins dans une salle assis, on s’adresse à eux, ils me disent non non, on ne peut pas ça. Il faut l’envoyer à Donka. Il faut envoyer l’enfant à Donka, j’ai dis mon frère il faut regarder mon enfant d’abord, ils ont non non on ne peut pas. Mais il y avait une dame qui dit non il ne faut pas laisser l’enfant là avec le monsieur comme ça! Il faut vous occuper de l’enfant là d’abord. C’est en ce moment ils m’ont retiré l’enfant, ils m’ont envoyé à l’étage après ils sont descendus avec l’enfant. Ils m’ont dit donc qu’on peut aller à Donka. Mais moi je n’avais pas un autre moyen de locomotion sauf ma moto. Ils ont dit que c’est urgent, pour moi, ils allaient nous mettre dans l’ambulance mais l’ambulance était garée, ils m’ont donné l’enfant comme ça pour aller à Donka. On a pris la moto pour aller à Donka, arrivés là-bas, on rentre à la Pédiatrie, je suis venu trouver une femme assise j’ai dit madame, s’il vous plaît aidez moi mon enfant est souffrant! La femme là n’a même pas pris la peine de me regarder, elle me dit il n’y a pas de place. C’était dans les bandes de 23h, elle me dit il n’y a pas de place ici il faut te rendre dans le Camp. Dans le Camp aussi quand je suis venu, je me suis agenouillé en disant madame s’il vous plaît aidez mon enfant est souffrant. Elle a dit aussi qu’il n’y a pas de place d’aller à Ignace Deen. On continue à Ignace Deen, on a été reçus là-bas, le gardien a pris l’enfant avec moi on est partis en courant, on est allés dans le bureau de madame Florence. La dame a pris l’enfant sans demander de l’argent. Elle s’est occupée de lui, ils ont mis la perfusion et l’ont mis le respiratoire. Mais malheureusement, mon enfant a rendu l’âme à 3h du matin”, a-t-il indiqué .

 

Il a par ailleurs fustigé le comportement de certains médecins dans les hôpitaux qui favoriseraient la mort de plusieurs personnes. Il invite l’État à prendre des dispositions pour lutter contre ces pratiques dans les structures sanitaires.  

 

“Moi j’ai perdu mon enfant, aujourd’hui je ne peux pas le faire revenir.

Mais ce qui se passe dans les hôpitaux en Guinée ici, si on ne met pas fin à ça, beaucoup de personnes vont mourir par la faute des médecins. Ils prennent les hôpitaux comme leurs propriétés privées, comme si ça leur appartient alors que c’est une chose publique. Là où on doit traiter tout le monde à part égale mais on te prend dans ton propre pays comme un animal”, dénonce t-il avant d’annoncer une plainte contre les médecins dont il accuse d’être à l’origine de la mort de son bébé de huit mois.

 

Facinet Camara

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