Engagé dans la lutte contre le troisième mandat d’Alpha Condé depuis 2019, Abdourahmane Sanoh, ex coordinateur du Front National pour la Défense de la Constitution ( FNDC) a récemment passé la main à Oumar Sylla, alias Foniké Menguè. Si d’aucuns parlent d’une éviction, Sanoh lui évoque une stratégie qu’il a développée pour que sa succession ne pose problème quand il ne sera plus à la tête du FNDC.
Invite de l’émission « les grandes gueules » de radio Espace ce lundi, 18 avril 2022, Abdourahmane Sanoh a tout d’abord expliqué le silence qu’il observait durant tout ce temps.
“Mon silence, c’était pour une raison bien simple. D’abord en m’engageant dans le combat du FNDC, dès au départ, ce qui était quand-même très clair dans mon esprit, c’était qu’il fallait tout mettre en œuvre pour que le combat arrive à son terme et cela posait un problème simple. C’est qu’il faut éviter qu’en jouant à la décapitation du leadership, que le combat arrive à échouer », a-t-il expliqué.
A la question savoir s’il a été évincé à la tête du FNDC par les jeunes, Abdourahmane Sanoh répond:
« Dès au départ, je rassurais, je disais à tous les jeunes qui étaient autour de moi: il faut faire comme si je ne suis pas là. Si je suis demain en prison ou je suis abattu et je meurs, il faut bien qu’on arrive à poursuivre le combat. C’était une façon de les responsabiliser, parce qu’au départ, j’étais consulté sur toute les questions qui devraient être prises. Donc c’était stratégique. La deuxième chose, c’est que les grands savaient qu’après l’investiture en tout cas du président qui allait être élu en 2020, moi mon combat est terminé. Parce que je me battais contre le troisième mandat et en ce moment là, y aurait plus question de troisième mandat dans le fond », a dit l’ancien ministre qui ajoute :
« Il fallait faire en sorte que la passation de main, la succession soit bonifiée d’une certaine légitimité, fallait faire qu’on commence déjà à renforcer la rencontre avec ces jeunes qui étaient autour de moi. Et, qu’on puisse les voir, les écouter, les entendre sans moi. L’éviction, peut-être que ça fait partie des rumeurs mais je peux vous garantir d’une chose, la loyauté de ces jeunes à mon niveau a été sans faille. Je veux vous rassurer que c’était pas possible. Absolument, il n’ya eu aucun acte posé par ces jeunes autour de moi, sans que je ne sois consulté. Et je tiens encore à rappeler qu’il était de les responsabiliser dès au départ. Je faisais en sorte que des décisions soient prises sans m’attendre ».
Bah Mohamed