Le dimanche 05 septembre 2021, le Président de la transition, Chef de l’Etat, Colonel Mamadi Doumbouya et tous les membres du Groupement des forces spéciales (GPS) ont inscrit cette date dans la mémoire individuelle et collective du peuple de Guinée. Si les Guinéens ont déjà vécu une transition après la mort de Général Lansana Conté en 2008, ce 05 septembre, c’était la toute première fois dans l’histoire de la République qu’un Président élu en exercice se fasse démettre de ses fonctions par un coup de force (ou non d’ailleurs). Les nouvelles autorités du pays regroupées dans le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) promettent de procéder à une refondation totale pour mettre sur pied les bases d’une société plus juste, équitable, prospère et démocratique. Pour y arriver, le Président de la transition s’est engagé dans ses différentes sorties médiatiques d’écouter le peuple de Guinée, de Yomou à Conakry, agir suivant les intérêts des Guinéens et non les intérêts personnels.
Résultats
Pour aider les nouvelles autorités de joindre l’acte à la parole, l’Institut guinéen d’études et de sondages (IGES) s’engage à travers cette étude à révéler quelques véritables attentes et préoccupations des Guinéens dans la conduite de cette transition. Il est un credo pour l’IGES de se questionner et faire questionner les acteurs sur la phrase suivante « voir c’est croire mais ce que nous voyons est-il toujours réel ? ». Pour sortir des stéréotypes, des préjugés et des idées préconçues qui conduisent souvent à des erreurs politiques énormes, il est primordial de recourir au sondage d’opinion pour entendre les véritables attentes des Guinéens et agir en conséquence par la prise de la bonne décision.
Méthodologie
Cette enquête a été menée sur toute l’étendue du territoire national sur la base d’un échantillon représentatif de la population guinéenne âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été choisi par la méthode des quotas. Elle consiste à définir un échantillon identique en termes de propriétés à la population mère. La méthode est basée sur une répartition connue de la population suivant un certain nombre de critères puis calculer le nombre d’individus de l’échantillon pour chaque critère, proportionnellement à la composition de la population mère. Dans l’étude, trois critères ont été retenus pour la sélection de l’échantillon : la région, le sexe et la tranche d’âge. Sur cette base, nous avons appelé 1 100 personnes (enquête par téléphone) tout en respectant fidèlement les prescriptions méthodologiques et scientifiques du sondage par quota.
Le recueil des informations auprès des Guinéens a été réalisé entre le 19/12/2021 et le 30/12/2021 par appel téléphonique et en ligne. Dans le cadre des enquêtes par téléphone, les enquêteurs ont été répartis par région (les quatre régions naturelles) pour faire face à la barrière de la langue. Cette approche nous a permis d’avoir un taux de réponse de 91,4% soit 1 005 personnes enquêtées. Le questionnaire fut également administré en ligne : par courriel, sur les réseaux sociaux et à travers les sites d’information en ligne. Une prise en compte de ces réponses a été faite à hauteur de 30 % et les 70 % restant ont été consacrés aux enquêtes par appel téléphonique.
Q1 – Quelle appréciation faites-vous du nouveau Gouvernement piloté par le Premier ministre Mohamed Béavogui ?
La nomination d’un Premier Ministre de la transition a suscité beaucoup d’interrogations et de questionnements au lendemain de la prise du pouvoir le 05 septembre par le GFS. Des noms avaient fait l’objet d’une forte médiatisation comme potentiels locataires du palais de la Colombe (Primature).
Le choix du Président de la transition a été porté sur Mohamed Béavogui pour son carnet d’adresses à l’étranger et pour le fait d’avoir servi pendant plusieurs décennies dans les organisations internationales. La composition de l’équipe gouvernementale s’est largement distinguée de par la jeunesse et la féminisation de ses membres. Cela suffit-il pour que les Guinéens accordent leur confiance au Gouvernement de la transition ? 46% des Guinéens ont répondu être confiants et rassurés du Gouvernement, tandis que 38% disent être moyennement confiants et rassurés. Les sceptiques sont à hauteur de 9%. Si le Président de la transition bénéficie d’une large confiance de la population comme l’indique le graphique ci-dessous, on ne peut pas en dire autant du Gouvernement de la transition. Peut-être que les Guinéens attendent de voir des résultats et obtenir un chronogramme détaillé de la transition avant d’accorder majoritairement leur confiance à l’équipe du Chef du Gouvernement, Mahomed Béavogui ?
Q2 – Que vous inspire le Président de la transition, Chef de l’Etat, le Colonel Mamadi Doumbouya ?
Celui qui a été l’artisan de la chute de l’ancien Président de la République bénéficie d’une large adhésion populaire. 70% des Guinéens disent faire confiance au Président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya.
D’autres Guinéens cependant, expriment des réserves vis-à-vis du Chef de l’Etat, puisque 22% disent avoir des doutes sur lui et 8% ressentent de la peur à son égard.
En fonction de l’appartenance territoriale, le Président de la transition bénéficie d’une perception contrastée des Guinéens. En Basse Guinée par exemple, une écrasante majorité lui fait confiance (90%).
La seule localité où un peu moins de la moitié (49%) de la population lui fait confiance, c’est la Guinée-Forestière. C’est dans cette région aussi que ceux qui ont exprimé avoir un doute sur lui sont les plus nombreux (44%). L’autre région à manifester un fort doute sur les intentions du Président de la transition, c’est la Moyenne-Guinée (40%). Cela étant, c’est en Haute-Guinée que la plus grande proportion (12%) de ceux qui craignent le Chef de l’Etat s’est manifestée.



