Juillet 2016, il y a juste six mois que je suis nommé Ministre de la Culture, je reçois par une journée pluvieuse une délégation des sages de Niagassola, conduite par le respectable doyen Siriman Kouyaté, venue me soumettre les inquiétudes de cette contrée historique du Mandé, quant aux conditions de conservation du Sossobala, le mythique balafon de Soumaoro Kanté.
Devant mon air médusé et contrit, les sages de Niagassola m’inviteront à venir m’enquérir moi-même de visu de l’état désastreux de conservation du légendaire balafon conquis par Soundiata Kéita en 1235 après la bataille de Kirina.
J’acquiesçai cette demande sans réchigner (réchigne t-on devant une requête des notables en Afrique ?) malgré une contrainte majeure : le sossobala n’est accessible au grand public que lors de la Fête de tabaski ou des cérémonies exceptionnelles ou hautement symboliques.
Le 5 septembre 2016, une semaine avant l’Aïd el Kébir, je quittai mon confort douillet de Conakry, avec mon épouse (elle-même descendante de par sa lignée maternelle des Kouyaté de Siguiri-Tiguibiri).
Après une courte escale auprès de ma mère et quelques conciliabules avec mon père à Kankan, je passai une journée de salutation dans mon village de Balimana et me voici à Siguiri.
Une route cahoteuse et latéritique relie Siguiri à Niagassola à travers un paysage de carte postale alternant parfois avec des exploitations anarchiques de mines artisanales qui lui donnent par endroit une allure de sol lunaire.
C’est donc tout éreinté et poussiéreux que nous arrivâmes le 10 septembre dans le KènèMandé où nous reçumes un accueil chaleureux à la hauteur de l’hospitalité séculaire mandingue.
Dans deux jours, nous celèbrerons la fête de tabaski à Niagassola et je ferais des découvertes qui resteront pour moi un véritable coup de foudre pour ce village multicentenaire et scelleront à jamais une histoire d’amour entre ce peuple mandingue fier et le jeune ministre féru d’histoire et de culture que j’étais.
Dans la suite de ce récit, je vous raconterai une brève histoire du Sossobala, telle qu’elle m’a été transmise lors de mon bref séjour, par les princes Kéita de Niagassola, mais surtout par ces vénérables griots Dokala (descendants de Balla Fasséké) dont j’ai eu le bonheur de partager la case.
Je vous ferai découvrir dans la suite, d’autres merveilles historiques et touristiques de Niagassola (capitale du KènèMandé).
Qu’elle est belle notre histoire, assumons-la !!!

(À SUIVRE)
Siaka Barry, ancien Ministre.